Le jour où les Lakers ont failli jouer à 4 contre 5
NBA
Le 5 février 2014, les Los Angeles Lakers et les Cleveland Cavaliers ont offert un spectacle inédit aux fans. Pourtant, cette rencontre n’a rien d’inoubliable sur le plan sportif, aussi bien collectivement qu’individuellement. Ce qui inscrit ce match dans les mémoires, c’est le fait que les Lakers ont bien failli jouer à 4 contre 5 dans le 4e quart-temps.
Au milieu d’une saison sans saveur, les Lakers se rendent à Cleveland. La veille, à Minneapolis, les hommes de Mike D’Antoni ont perdu leur 32ᵉ match en 48 rencontres, un bilan catastrophique qui n’est pas près de s’améliorer au vu de l’infirmerie de l’équipe. Kobe Bryant (genou), Pau Gasol (aine), Steve Nash (repos), Jodie Meeks (cheville), Jordan Hill (cervicale) et Xavier Henry (genou) étant indisponibles pour le match contre les Cavaliers, les « Purple and Gold » devront donc jouer à 8.
Du côté des Cavs, la saison n’est pas réjouissante non plus. L’effectif est l’un des plus jeune de la ligue et en totale reconstruction. Résultat : 16 victoires pour 33 défaites. Rien de bien alléchant pour les 15 205 fans de la Quicken Loans Arena, qui se préparent à voir un match des plus banals.

Le match commence et est directement dominé par les Californiens. Les coéquipiers de Kyrie Irving n’ont aucune solution face à l’adresse hallucinante de leurs adversaires. À la mi-temps, les Los Angeles Lakers mènent déjà 70-49 et affichent un impressionnant 10/17 à trois points, bien emmenés par Jordan Farmar, dans la forme de sa vie (5/6 à longue distance), parfaitement servi par Steve Blake (9 passes décisives), qui supplé à merveille Steve Nash. Seul bémol : Nick Young se blesse à la fin du quart-temps dans un choc genou contre genou avec C. J. Miles et déclare forfait pour le reste du match. Les joueurs de la Cité des Anges rentrent donc au vestiaire à sept.
Le 3e quart-temps est plus équilibré et, si les Los Angeles Lakers continuent de très bien tirer (5/12 derrière l’arc), les hommes de Mike Brown se relancent dans le match grâce à une grosse présence au rebond offensif de leurs intérieurs.

À l’entame du 4e et dernier quart-temps, les Lakers, toujours restreints à 7, mènent 98-80. Mais dès les premières minutes, l’hécatombe continue, Jordan Farmar, auteur de 21 points, se blesse au mollet en retombant après un double-pas. Ils n’ont même pas le temps de digérer la perte de leur arrière que Chris Kaman écope de sa 6ᵉ faute, synonyme de disqualification. Les Pourpres et Ors se retrouvent donc sans aucun joueur sur le banc disponible, sans rotations possibles. Accumulant les minutes et la fatigue, les Lakers ont du mal à tenir tête aux Cavaliers, qui reviennent à 10 points d’écart, à moins de 4 minutes de la fin du match.
À 3 minutes 32 secondes du terme de la rencontre, le moment qui concentrait toutes les interrogations arriva. Robert Sacre commet sa 6ᵉ faute et plonge la salle dans la confusion la plus totale. Steve Blake et ses coéquipiers vont-ils finir le match à 4 contre 5 ?
Les membres du coaching staff angelino cherche alors une solution, ils envisagent même de mettre Farmar, blessé, sur le terrain, dans un coin sans bouger. Mais au terme de longues minutes d’échanges entre les arbitres, la solution est enfin trouvée, le règlement de la NBA énonce : « si une équipe n’a plus assez de joueurs disponibles, un joueur ayant déjà commis 6 fautes peut rester sur le terrain, et chaque faute supplémentaire est sanctionnée d’une faute technique en plus de la faute personnelle. » Robert Sacre déclara après le match : « Quand j’ai pris ma sixième faute, je me suis juste dit : “Oh, mince !” Puis j’ai pu revenir en jeu, c’était clairement un match spécial. Je ne comprenais pas ce qui se passait. »
Le match reprend donc avec un lancer franc technique de CJ Miles. L’équipe de l’Ohio revient à seulement 8 points d’écart, mais Steve Blake met 2 tirs à 3 points décisifs, permettant à son équipe de remporter cette rencontre unique en son genre. Blake finit avec un triple-double, son 2ᵉ et dernier en carrière, tandis que le rookie Ryan Kelly inscrit 26 points, son record en carrière. Sur le plan collectif, les Lakers mettent fin à une série de 7 défaites consécutives et battent le record de tirs à 3 points en un match de la franchise avec 18 paniers primés. En interview, Mike D’Antoni reviendra sur ce match en déclarant : « C’était, de loin, l’un des matchs les plus étranges que j’ai jamais vus. »


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