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[Portrait] Danny Granger, attention fragile !

Portrait

Illustration Une : Adrien PMMP pour Basket Rétro

Qui a réalisé la plus grosse saison au scoring de l’ère moderne des Pacers ? Reggie Miller ? Paul George ? Ni l’un, ni l’autre ! Coincé entre deux générations victorieuses dans l’Indiana, Danny Granger a porté à lui seul la franchise pendant cinq saisons en inscrivant des brouettes de points. Une progression façon dragster vers les sommets de la NBA suivie d’une sortie de piste toute aussi brutale. Récit.

CONDUITE ACCOMPAGNEE

Chez les Granger, la vibre musicale est fructueuse. Scotty, le frère de Danny, aussi surnommé Scotty Grand s’est illustré dans le hip-hop et le R’n’b en composant de nombreux hits. Quant à sa grand-tante, ce n’est autre que Mahalia Jackson, la voix le plus célèbre du gospel aux Etats-Unis. Pour se démarquer, Danny Granger, lui, choisit une autre voie, celle de la balle orange. Choyé par son père qui s’occupe seul de ses trois enfants, il grandit dans la banlieue déshéritée de La Nouvelle Orléans. Construit sur une ancienne décharge, le quartier baptisé The Dump, est en proie aux toxicos et aux proxénètes. Un endroit dangereux, où Granger Sr s’efforce de construire une bulle pour sa famille. Dans le secteur, tout le monde le connaît, des ouvriers aux trafiquants. Tous savent qu’il y a une ligne à ne pas franchir avec ses enfants et vice-versa. La preuve, l’une des rares fois où Danny s’est aventuré au-delà des limites, il est revenu avec une cicatrice à la jambe, conséquence du ricochet d’une balle dans une ruelle. Pour permettre à son fils de progresser au basket, sans se mettre en danger sur les playgrounds voisins, Granger Sr achète un lopin de terre attenant sa maison pour y installer un terrain. C’est ainsi que Danny fait ses premières gammes dans la prison dorée de son jardin. En grandissant, son père invite d’autres enfants pour se frotter à junior qui ressort vainqueur la plupart du temps. Il remarque cependant que son fils baisse les bras dès que le jeu devient physique. Il a alors l’idée de convier des adolescents plus grands et costauds pour piquer Danny et éviter qu’il devienne trop soft.

Un formatage à la dure qui a le mérite de préparer le fiston aux chocs plus rudes du lycée. Sur le campus de la Grace King Highschool, plus personne ne lui marche sur les pieds. Lors de son année senior, il tourne à 24.3 points, 12.0 rebonds et 5.5 blocks ! Des statistiques solides qui lui valent une nomination pour le McDonald’s All American Game rassemblant les meilleurs lycéens de la cuvée. Et Danny n’est pas brillant que sur le parquet. Il obtient également la note quasi parfaite de 30 à son examen d’entrée à l’université. Une tête bien faite acceptée à l’université prestigieuse de Yale. Mais, le basket reste son objectif principal. Aussi choisit-il une fac plus cotée en NCAA, celle des Braves de Bradley dans la Missouri Valley Conference. Dès son année freshman, Danny se distingue en étant le meilleur rebondeur de l’équipe (7.1 prises) et le second scoreur (11.1 points). Malheureusement, les résultats collectifs ne suivent pas et les Braves décident de changer de coach en 2002. Exit Jim Molinari, bonjour Jim Les, l’ancien meneur des Kings en NBA. L’entraîneur file directement les clés du camion à Granger qui émerge à 19.2 points en début de saison, jusqu’à un coup de théâtre retentissant.

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© Getty Images

Le courant n’est jamais réellement passé entre Jim Les et le joueur. Granger le trouve trop intimidant, mesquin et abusif dans ses méthodes, notamment après avoir interdit à ses joueurs de manger lors d’une défaite. Un match contre Evansville, où Danny avait pourtant scoré 37 points à 13 sur 21 aux tirs. Résultat, après 14 matchs, il demande son transfert aux Lobos de New Mexico. Un fait rare en pleine saison NCAA. Mais, l’affaire est plus compliquée qu’il n’y parait. Durant l’intersaison un assistant des Braves, Duane Broussard, a rejoint la fac de New Mexico. Une enquête révèle que Broussard a passé pas moins de 42 appels à Granger Sr depuis sa prise de fonction. Tampering crie l’université de Bradley. Un manquement grave à l’éthique et une violation du règlement NCAA qui pousse les responsables de l’école à refuser tout bonnement le trade. De son côté, New Mexico se défend en déclarant que, certes des appels ont été passés, mais le transfert n’a jamais été évoqué. Au final, les Lobos écopent d’une amende et Duane Broussard est invité à un stage sur le respect du protocole de recrutement ! Par contre, Bradley refuse de libérer la bourse de Danny, qui doit par conséquent payer de sa poche les frais de scolarité restants. Entre les méthodes douteuses de Jim Les et les envies d’ailleurs de Granger, difficile de faire la part des choses. La réalité est certainement entre les deux comme le laisse croire une déclaration de Danny beaucoup plus tard :

A Bradley, j’ai compris que j’avais le niveau pour évoluer dans une fac et une conférence plus fortes. Pour atteindre mon objectif, qui était à ce moment-là de jouer un jour en NBA, je devais changer d’environnement. Le choix de New Mexico s’est imposé naturellement car Ritchie McKay (le coach des Lobos) m’avait déjà contacté quand j’étais en highschool.

Soulagé de rejoindre le campus d’Albuquerque au Nouveau Mexique, Granger va, en revanche, devoir patienter une année pour rejouer en match officiel, comme le stipule le règlement NCAA. Autorisé à s’entraîner avec le reste de l’équipe, il regarde le début de la saison 2003-2004 des tribunes. En janvier, il rattrape le temps perdu en frappant fort pour son premier match dans la Moutain West Conference : 30 points et 14 rebonds contre Wyoming. Sur les 22 rencontres restantes, il termine 17 fois meilleur scoreur des Lobos pour finir à quasiment 20 points et 9 rebonds. Une confirmation des de ses talents offensifs. Danny est capable de scorer dans toutes les positions : midrange, post-up ou pull up à 3 points en transition, l’arsenal est létal. Statistiquement la saison suivante est un copier-coller à laquelle il faut tout de même ajouter 2.1 interceptions et 2.0 contres. Granger se bâtit une réputation de two-way player et guide New Mexico à la seconde place de la conférence avec un bilan de 26 victoires pour 7 défaites. La Finale de la Moutain West contre Utah fait la Une de la presse. Sur son chemin, Danny rencontre Goliath, alias Andrew Bogut, le pivot qui terrorise la conférence. Un choc de titans remporté in extremis par New Mexico 60 à 56. Granger avec 28 points et 11 rebonds prend le meilleur sur l’Australien (19 points et 16 rebonds). Les Lobos filent vers le tournoi NCAA après 5 ans de disette, le temps d’un petit tour et une défaite contre Villanova (55-47). Après quatre ans de service en NCAA, il est temps pour Danny de voir ce qui se passe à l’échelon supérieur.

En s’engageant avec les Lobos, Granger a réussi son pari : se faire remarquer par les scouts NBA. Lors de la draft 2005, il est classé dans le Top 5 des prospects par Chad Ford, le spécialiste d’ESPN tandis que le site NBADraft.net le projette à la septième position chez les Raptors. Bien installé de la Green Room avec des collègues de promo comme Chris Paul ou Deron Williams, Danny voit rouge. Juste avant la draft, un rapport médical fait état d’une blessure au genou inquiétante. Effectivement, l’ailier a passé quelques jours à l’infirmerie lors de son année senior pour une légère entorse, mais n’a manqué que trois matches. L’info circule de franchise en franchise qui le boude le Jour J. Ces premières rumeurs d’un profil injury prone agacent profondément Granger quand son nom n’est toujours pas appelé à la quinzième position. Le pick suivant est encore la propriété de Toronto. Après avoir sélectionné le power forward Charlie Villanueva avec le choix 7 malgré leurs besoins à l’aile, tout le monde s’attend à voir les Raptors fondre sur Danny. Du coup, en coulisses, d’autres équipes s’activent, notamment le general manager des Pacers Larry Bird et celui des Celtics Danny Ainge. Avec respectivement les picks 17 et 18, les deux anciens coéquipiers sont au téléphone pour discuter d’un trade. L’objectif de Boston, monter en draft pour récupérer Gerald Green avec le choix d’Indiana. Mais, à la surprise générale, Toronto jette son dévolu sur l’obscur Joey Graham. L’appel entre les deux GM coupe court, Bird se contenant d’une tirade tout sourire : « Je dois y aller, nous venons d’avoir Danny Granger ». Quant au néo-Pacer, sa déception laisse vite place à l’excitation :

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© Indianapolis Star

Beaucoup de mes amis m’ont dit : « Tu vas aller jouer avec Ron Artest, Jermaine O’Neal et d’autres mecs comme ça ». Et c’est vraiment gratifiant parce que je sais que nous ferons les playoffs l’année prochaine et ça sera encore plus d’expérience pour moi. Parfois, si vous êtes repêché très haut, vous allez dans une équipe en reconstruction et vous pourriez ne pas participer aux playoffs avant deux ou trois ans. Heureusement, je suis dans une bonne situation.

TOO FAST TOO FURIOUS

Le rookie s’emballe un peu vite. OK, les Pacers restent une franchise solide dans la Conférence Est, mais l’équipe porte encore les stigmates de la baston XXL au Palace d’Auburn Hill en 2004. Stephen Jackson, Ron Artest, Jermaine O’Neal, le vestiaire regorge de têtes brûlées. Et plus de grand frère pour gérer la guerre des ego. En effet, après 18 années passées à Indianapolis, la légende Reggie Miller choisit de raccrocher définitivement ses baskets. L’équipe de Rick Carlisle se dirige donc vers une période de transition. Comme un symbole, la franchise change de logo et de jersey en abandonnant les fameuses rayures. Pour ses premiers pas en NBA, Danny trouve rapidement un mentor. Dès le training camp, Artest le prend sous son aile pour un bizutage old school. Epaule dans le menton, fautes flagrantes sur les poignets, défense homme à homme suffocante, Granger a le droit à un traitement de choc. Le but, tester la résistance du rookie quand les vrais matches commenceront. Son verdict, il le donne quelques semaines plus tard à Granger Sr. Artest prophétise que son fiston sera All Star dans deux ans… une prédiction pas très loin de la vérité.

Pourtant, il ne reste pas longtemps aux cotés de Danny. En décembre 2005, le futur Metta World Peace demande son transfert. Un acte de trahison pour ses coéquipiers, allés le défendre dans les tribunes de Detroit. L’ambiance n’est pas au beau fixe dans le vestiaire, mais Granger récupère pas mal de temps de jeu dans l’opération. Il en profite pour passer trois fois la barre symbolique des 20 points après le All Star Break. Avec 7.5 points et quasi 5 rebonds en moyenne, il est encore en rodage, mais intègre la All-Rookie Second Team et découvre comme il le souhaitait les playoffs. Confrontés aux Nets, troisièmes de la Conférence, les Pacers donnent du fil à retordre aux coéquipiers de Jason Kidd en arrachant deux matches. Bombardé titulaire à trois reprises, Danny engrange de la confiance pour tourner à 8.2 points et 56,3% aux tirs. Le ciel se dégage encore plus la saison suivante. Après un départ mitigé, le front office décide de transférer Stephen Jackson et Al Harrington à Golden State contre l’intérieur Troy Murphy et le shooteur Mike Dunleavy Jr. Le 18 janvier 2007, Granger hérite d’une place dans le starting five qu’il rentabilise en tapant son record personnel avec 28 points contre le champion en titre, Miami. Installé dans son rôle d’ailier scoreur, il termine la seconde partie de saison en trombe avec 15.6 points. Hélas, sa production ne suffit pas pour hisser Indiana en playoffs, le second rendez-vous manqué avec la post-season en 18 ans ! Les dirigeants continuent leur ménage en nommant Jim O’Brien sur le banc à la place de Rick Carlisle.

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© Getty Images

Nouveau coach et nouvelles ambitions pour Granger. A 24 ans, il devient par la force des choses le franchise player des Pacers. Une responsabilité qu’il assume en flirtant avec la barre des 20 points de moyenne, le tout à plus de 40% longue distance. Sans réel soutien à ses côtés, hormis Dunleavy Jr, Granger maintient à lui seul les Pacers à flot. Le bilan légèrement négatif laisse entrevoir le dernier spot des playoffs. Dans le run final, Danny enclenche le turbo : 30 points contre Phila, 37 contre Charlotte, 35 face à Washington et 26 points contre New York. 128 points sur la dernière semaine de compétition ! Pourtant Indiana laisse filer la postseason pour une petite victoire d’écart avec les Hawks. Déception pour Danny et réaction de Larry. A l’intersaison, Bird se débarrasse des derniers vestiges du roster, Jermaine O’Neal, Jamaal Tinsley et Austin Croshere, sans se renforcer en retour. Indy attaque plus que jamais un nouveau cycle. Avec ses trois petites années d’ancienneté, Granger est le plus capé des Pacers juste derrière l’inamovible pivot Jeff Foster. Pour amorcer la reconstruction, les dirigeants lui déroulent le tapis roule. En octobre 2008, Danny signe une prolongation de 60 millions sur 5 ans pour devenir le nouveau visage de la franchise. Les fans ne vont pas le regretter.

Il annonce la couleur dès le premier match à domicile contre Boston. Dans son duel contre Paul Pierce, il plonge sur le parquet pour arracher un ballon chaud. Dans sa chute, Granger perd deux dents. Temps mort, juste le temps pour lui de mettre un protège-dent. De retour pour le money time, il arrache une victoire référence contre les champions en titre. Option n°1 en attaque, l’ailier porte les Pacers à bout de bras. Il tape à trois reprises la barre des 40 points entre décembre et janvier. Désormais dans le gratin des scoreurs, il décroche logiquement son étoile de All Star. L’occasion pour lui d’éprouver sa popularité auprès du grand public quand une fan lui demande un autographe, croyant avoir à faire à Paul Pierce. Une simple anecdote qui montre le chemin à parcourir pour accéder à la reconnaissance. Et justement, Danny s’y attelle jusqu’à la fin de l’exercice. En ballottage pour les playoffs, il récidive son run de 2008. Cette fois, Granger donne tout sur les 10 derniers matches : il se fait flasher à 31.4 points et 52,2% aux tirs pour 6 victoires des Pacers. Pas suffisant, l’équipe échoue encore d’un rien pour finir neuvième à l’Est. Une déception collective, mais une consécration individuelle. A 25 ans, Danny vient tout simplement d’envoyer la plus grosse saison au scoring depuis l’arrivée d’Indiana en NBA : 25.7 points de moyenne ! Même Reggie Miller dans son prime n’a jamais atteint les 25 unités. Il devient le premier joueur de l’Histoire à améliorer trois années consécutives sa moyenne de plus de 5 points. Il n’en faut pas plus pour s’octroyer le trophée de Most Improved Player 2009. L’avenir lui appartient, d’autant qu’il déclare n’être qu’à 70% de son plein potentiel. Sa marge de progression est encore inconnue tant Danny donne l’impression de ne jamais forcer. Un sentiment qu’explique l’un des meilleurs défenseurs de la Ligue, Shane Battier :

Il obtient ses points vraiment tranquillement. Quand ils nous ont battus dans l’Indiana, je l’ai défendu tout le match. A la fin, j’ai pensé que j’avais fait du très bon travail sur lui. Ensuite, j’ai regardé la feuille de statistiques et j’ai vu qu’il m’en avait collé 25.

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© Getty Images

TETE-A-QUEUE EN PLEINE COURSE

La saison 2009-2010 doit être l’année de la confirmation pour Granger. Toujours aussi esseulé, le Pacer attaque l’exercice pied au plancher. Plus de 25 points en moyenne sur les premières semaines… avant de rejoindre l’infirmerie. Déjà absent 15 matchs pour une déchirure au tendon du pied droit la saison précédente, Danny rechute. Cette fois c’est une déchirure du fascia plantaire toujours au pied droit qui l’immobilise 16 rencontres. Sans leur leader, les Pacers foncent dans le mur : 11 défaites sur cette période dont une série de 8 revers consécutifs qui mine le moral de l’équipe. A son retour, Granger ne fait pas de miracle. Comme d’habitude, il passe la surmultipliée en mars (27.5 points à 43,3% de loin), mais l’arrêt au stand pour sa blessure est rédhibitoire. Indy croupit dans le ventre mou de l’Est avec 32 victoires. Pour voir plus haut, il faut du renfort autour de Danny. Indianapolis n’a jamais été une destination en vogue à la free agency. L’avenir se joue donc à la draft. Avec le dixième pick, Larry Bird et ses scouts tergiversent. Le profil du jeune Paul George de Fresno State les intéresse sans faire l’unanimité. C’est alors que Danny met son grain de sel pour faire pencher la balance. Le Pacer possède le même agent, Aaron Mintz, que le futur rookie. Quelques heures avant la draft, Mintz appelle son poulain et joint Granger à la conversation en sourdine. L’agent demande alors à George, quelle est sa destination préférée. Réponse : « Indiana car je pense que je peux beaucoup apprendre de Granger ». L’agent raccroche immédiatement. Quant à Danny, il appelle Bird dans la foulée pour lui sommer de choisir PG. Réunis dans la même écurie, l’avenir des deux hommes vient de s’entrelacer.

En plus de Paul George, Indiana drafte un certain Lance Stephenson à la quarantième place, un steal à cette position-là. Si on ajoute à cela, l’arrivée du meneur gestionnaire Darren Collison et le sophomore Roy Hibbert qui commence à s’imposer dans les rotations, on obtient enfin les bases d’une équipe sérieuse. Pour intégrer tout ce petit monde, Danny partage plus la gonfle et prend moins de tirs. Il passe de 19 tentatives par match en 2009 à moins de 16 shoots en 2011 pour une moyenne qui chute à 20.5 points. Mais, les automatismes prennent du temps pour fonctionner et les Pacers accumulent les tours de retard à mi saison avec 17 victoires pour 27 défaites. Excédé, Larry Bird sort le drapeau rouge. Il vire le coach Jim O’Brien pour le remplacer temporairement par son assistant Frank Vogel. L’électrochoc fonctionne à merveille, notamment avec la titularisation de Paul George aux côtés de son mentor. Indiana termine l’exercice sur les chapeaux de roue avec une feuille de route positive pour le néo coach (20-18). Un run qui permet enfin à la franchise de retrouver les playoffs pour affronter la tête de série n°1, les Bulls. Dans le premier match à l’United Center, les Pacers font la course en tête jusqu’à une minute de la fin pour se faire dépasser sur la ligne d’arrivée par Derrick Rose. Granger s’est débattu avec 24 points. En vain ! L’équipe a laissé passer sa chance pour céder en 5 matchs. L’essentiel, cependant, est d’avoir retrouvé la postseason avec un groupe ambitieux dans le futur.

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© Getty Images

A la free agency, le front office a la bonne idée de signer le vétéran, David West, pour cimenter le jeune noyau du roster. L’impact dans les résultats est immédiat. Dans une saison raccourcie par le lock-out, les Pacers foncent à tout berzingue vers les sommets de l’Est. Danny, lui, ralentit encore sa production offensive (18.7 points), pour le bien-être du collectif qui s’éclate avec 7 joueurs à plus de 9 points de moyenne. Sur la grille de départ des playoffs, Indiana est en embuscade derrière les Bulls et le Heat. Le premier tour est avalé sans encombre 4-1 contre le Magic. En leader, Granger affiche 21.4 points et 7.0 rebonds. En demi-finale de conférence, c’est le Tres Amigos de Miami qui se dressent. Face à l’ogre floridien, les Pacers jouent sans complexe pour remporter le Game 2 à l’American Airlines Arena puis le Game 3 à domicile. Dans ces deux victoires, Granger a des confrontations verbales avec LeBron James, histoire de montrer qu’Indiana ne reculera pas aussi facilement. Leur duel monte même encore d’un cran, lorsque revenu à hauteur des Pacers, le King blesse « accidentellement » Danny dans le Game 5. Sur un jumpshot, il retombe sur LeBron, accusé par les locaux d’avoir laissé traîner son pied sous les appuis de Granger. Souffrant d’une entorse de la cheville, Granger abandonne la rencontre et ne sera que l’ombre de lui-même dans le dernier match de la série. Indy a titillé le futur champion NBA dans un duel ultra physique qui pose les bases d’une rivalité.

Problème pour Danny, il a laissé trop de gomme dans la bataille contre Miami. Son entorse à la cheville gauche est la cinquième en quelques années. En plus, pendant l’intersaison, des rumeurs enflent également autour de son genou gauche qui aurait été meurtri dans la série et nécessiterait des injections de plasma. La douleur persiste au training camp, si bien que Granger doit demander l’avis de plusieurs spécialistes. Le diagnostic tombe : tendinite rotulienne ! Le staff médical ne prend aucun risque et le laisse trois mois au garage pour se reposer. Après le All Star Break, Danny tente un retour. Un comeback timide de cinq petits matches avant d’avoir de nouveau le capot qui fume. En avril 2012, cette fois, il n’échappe pas à l’opération. Granger se fait retirer le tissu cicatriciel autour du tendon rotulien. Une intervention chirurgicale qui lui vaut six mois de rééducation. Sur la touche, il contemple l’excellente saison de son équipe. En son absence, Paul George a pris le volant des Pacers pour en assurer le leadership par intérim. Dans le vestiaire, Danny multiplie les conseils et les encouragements. Ça paie ! PG s’éclate dans le costume d’ailier avec un arsenal offensif similaire à son grand frère. Il pousse le mimétisme jusqu’à obtenir une étoile de All Star et décrocher le titre de Meilleure Progression de l’Année. En playoffs, l’élève dépasse quasiment le maître : 18.7 points contre Atlanta au premier tour, 19.5 points face aux Knicks en demi pour s’octroyer des retrouvailles avec le Heat en Finale de Conférence. La série est encore plus disputée qu’en 2012 avec un Game 7 nécessaire à LeBron et sa clique pour se sortir du bourbier. Chez les fans, le regret récurrent est de se dire « Et si Danny avait été là à 100% ». Un What if dont on n’aura jamais la réponse.

Stoppé dans son ascension à 28 ans, Granger espère bien passer la marche avant, après une saison quasi blanche. Mais, dans un banal match de préparation contre Dallas, il se contracte le mollet gauche. Une blessure qui pourrait avoir un effet cascade sur son genou opéré. Enième retour au stand pour Danny qui patiente 25 matchs avant de retrouver les parquets. Pendant ce temps, Paul George en profite pour carburer à 23.8 points. Pour le coach Frank Vogel, le changement de pilote est inévitable. Granger est désormais le remplaçant attitré de son ancien poulain. Sur la vingtaine de minutes qu’il obtient, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Il traîne la patte et ne parvient plus à trouver la mire (8.3 points à 37,8% aux tirs). En l’espace d’une saison et demie, Granger est passé de franchise player à un joueur bon pour la casse. A la trade deadline, Larry Bird n’hésite pas à le sacrifier pour muscler sa second unit. Il est envoyé à Philadelphie contre l’intérieur Lavoy Allen et surtout Evan Turner, le couteau suisse des Sixers. Fin de circuit pour Danny à Indy. Chez Paul George, la pilule ne passe pas et il le fait savoir dans la presse :

« C’est un jour bouleversant pour moi. Je viens de perdre un grand frère et un mentor. Je déteste le fait qu’il doive nous quitter. Tu m’as aidé tout le long du chemin pour arriver jusqu’ici, grand frère. Rien que de l’amour pour toi, tu restes l’un des match-ups les plus durs que j’ai eu à jouer ». Quelques saisons plus tard lorsque George demande son transfert, il garde une dent contre la direction pour avoir monté ce trade : « Le mec essaie de se remettre sur pied. Il essaie de revenir dans cette Ligue et vous l’envoyez aux Sixers ? Pourquoi, parce que cela vous rend meilleur ? Faites ce qui est juste pour le joueur qui vous a tout donné. Je pense qu’ils devraient vraiment rendre hommage pour tout ce que Danny a fait ici dans l’Indiana et pour tout ce qu’il a été pour moi dans ma carrière. »

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© Instreetclothes.com

En plein Process version Sam Hinkie, Philadelphie ne compte pas sur Granger pour reconstruire. Il est coupé sans même porter une seule fois l’uniforme des Sixers. Free agent, il se retrouve courtisé par les Mavericks, les Rockets, les Spurs et les Clippers. Fin février 2014, il s’engage avec Los Angeles. En délicatesse sur le poste 3, les Clippers composent avec d’autres vétérans comme Matt Barnes (33 ans) et Hedo Turkoglu (34 ans). Dans ce groupe ambitieux, l’ex Pacer a bien du mal à se faire sa place : 8.0 points en 16 minutes sur la fin de la saison régulière. Il termine les playoffs complètement sur la jante avec 2.6 points de moyenne en 13 matchs. A 30 ans seulement, Granger apparaît plus que jamais en bout de piste. Il tente un dernier pari avec le Heat l’été 2014, via un contrat de 4,2 millions sur 2 ans. En pleine séduction pour convaincre LeBron de rester, Pat Riley mise sur la résurrection de l’ancien All Star. Peine perdue ! Le King fait ses valises pour Cleveland et Danny squatte l’infirmerie pour ses problèmes de genou. Après 30 matchs, Miami l’expédie à Phoenix contre Goran Dragic. Le staff médical des Suns est réputé pour avoir prolongé la carrière de grands éclopés comme Grant Hill ou Antonio McDyess. L’espoir renaît chez Granger qui passe des mois en rééducation. Mais, son cas est irrécupérable. Transféré une dernière fois chez les Pistons, il est coupé juste avant le training camp 2015, laissant derrière lui le sentiment d’un énorme gâchis. Sa chute a été aussi foudroyante que son ascension au sommet. Forcé de prendre sa retraite, il s’essaye au micro en tant que consultant chez CBS Sports. En plus du monde des médias, Danny s’engage dans une autre cause « Dribble to Stop Diabetes ». Avec plusieurs membres de sa famille souffrant de diabète, il fait campagne pour sensibiliser les jeunes à cette maladie et sur la nécessité d’une nourriture saine. Un rôle de grand frère qui finalement lui va comme un gant.

STATISTIQUES ET PALMARES

  • Stats NCAA : 16.7 points à 49,6% aux tirs, 8.2 rebonds et 1.6 assist
  • Stats NBA : 16.8 points à 43,4% de réussite, 4.9 rebonds et 1.9 assist
  • Nommé dans la Missouri Valley Conference All-Freshmen Team (2002)
  • Nommé dans la All-Mountain West Conference First Team (2004, 2005)
  • Nommé dans la NBA All-Rookie Second Team (2006)
  • NBA All Star (2009)
  • Most Improved Player (2009)
  • Médaille d’or au Championnat du Monde (2010)

SA CARRIERE EN IMAGES


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About mosdehuh (20 Articles)
Tombé dans la NBA au début des 90's avec Penny Hardaway. Grosse passion pour les loosers magnifiques et les shooteurs. Supporter de la Chorale de Roanne depuis 3 générations.

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