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Le coin lecture #3 : The Franchise, au cœur des Bad Boys (1990)

Lecture

Illustration Une : Adrien PMMP pour Basket Rétro

Tout les 15 jours, Basket Rétro vous ouvre les portes de sa bibliothèque et propose de vous faire découvrir ou redécouvrir un ouvrage sur l’histoire de la NBA. Cette semaine, le livre référence sur les Detroit Pistons de la fin des années 80 : The Franchise

LE LIVRE

Les Detroit Pistons, ère « Bad Boys », sont l’un des équipes les plus fascinantes de l’histoire. Si beaucoup la qualifie comme la honte du basket, elle est en fait tout l’inverse : Les Pistons sont tout ce qui fait la beauté du sport collectif : plus qu’une équipe, c’est une véritable famille, où tout le monde se complète, comble les faiblesses de l’autre, se sacrifie individuellement et ce, pour un seul but : celui d’être les meilleurs. Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas vraiment cette équipe et son comportement : il est pourtant simple, seul contre tous, unis pour ne faire qu’un, elle représente l’une des plus belle histoire de la NBA.

L’ouvrage retrace la construction de l’équipe autour d’un homme : Jack McCloskey. Avec en point d’orgue le titre de 1989 : « The Franchise » de Cameron Stauth ne laisse rien au détail et propose une immersion au sein des « Bad Boys ».

Paru pour la première fois le 1er avril 1990, c’est un récit au jour le jour de la vie des Pistons dans la quête de leur but ultime, à travers les joies, les peines, les blessures et autres engueulades qui pimentent la vie d’un groupe. L’auteur insiste sur la difficulté de construire une équipe performante autour d’un collectif. Ce que McCloskey appelle, « The Secret », cette petite chose qui fait que les joueurs qui composent l’équipe ne font plus qu’un et se mettent au service du collectif pour atteindre un but commun. L’apprentissage de « The Secret » est périlleux et certains resteront d’ailleurs, par excès d’individualisme, sur le côté (Andrian Dantley) pour ne pas mettre en danger l’objectif commun.

C’est également grâce à Chuck Daly, véritable père pour tous ses joueurs, que chacune des pièces de l’effectif apportera, à sa manière, une pierre à l’édifice.  Le livre raconte les différentes étapes nécessaires à la construction de cette équipe : depuis la draft d’Isiah Thomas, aux acquisitions de Bill Laimbeer, Rick Mahorn, les sélections de Joe Dumars, John Salley ou Dennis Rodman jusqu’à l’échange polémique qui enverra en cours de saison 1989 Adrian Dantley à Dallas contre Mark Aguirre, grand ami de Thomas.

Mais au-delà des échanges, il narre le processus complexe du recrutement d’un joueur, en prenant en compte les paramètres sportifs évidemment mais également les paramètres psychologiques nécessaires à l’intégration dans un groupe.

@ Getty Images

Il décrit également la soif de victoire du meneur des Pistons. Depuis ses larmes de peine lors de la défaite en finale face aux Lakers en 1988, où il finit la série sur une jambe, jusqu’aux larmes de joie un an plus tard, avec en perspective, tous les sacrifices réalisés pour atteindre son but ultime, celui de devenir champion. Son rôle de leader est également décrit, celui d’un général qui sait se mettre en retrait pour faire briller le collectif et surtout, qui sait prendre les choses en main lorsque l’équipe en a besoin, quitte à se blesser comme lorsqu’il se casse le doigt en frappant Bill Cartwright, le pivot des Bulls. De longs paragraphes décrivent également la pression psychologique mise sur Michael Jordan, lors des mythiques séries opposants les deux équipes : les Pistons resteront la seule équipe à battre régulièrement les Bulls de MJ, alors au top de sa carrière.

Enfin, il retranscrit également le côté cruel de la NBA, lorsque Detroit se sépare de l’attachant Darryl Dawkins au début de saison ou quand McCloskey, au lendemain de la victoire en finale face aux Lakers décide de ne pas protéger Rick Mahorn, l’âme des Bad Boys, lors de l’expansion draft de 1989. McCloskey dira plus tard que c’est le choix le plus douloureux qu’il ait eu à faire dans sa carrière.

Une véritable aventure humaine, la construction d’un groupe uni et soudé, retranscris de main de maître et qui laisse l’impression par moment d’être dans le vestiaire avec les joueurs.

EXTRAIT

A la fin de la quatrième et dernière rencontre de la finale 1989

Quelques minutes avant la fin, Pat Riley sort Kareem. Un vague d’émotion parcours la salle. Les fans se lèvent et applaudissent. Tout les Pistons se lèvent et applaudissent. Mahorn avec une marque au coin de l’oeil suite à un coup de coude de Kareem applaudit le plus longtemps.

Quand Kareem sort, Isiah réalise que les Lakers abdiquent. Ses yeux se remplissent de larmes. Il les retient. Fennis Dembo lui dit doucement : « laisse toi aller ». Thomas commence à pleurer.

Les membres du banc des Pistons se prennent par le bras. Ils chantent « Bad Boys, Bad Boys, Bad Boys ».

C’est fini, Joe Dumars court sur le terrain, il crie à la caméra,  » je vais à Disney World ! » Il vient d’être élu MVP des Finals. Quelle contraste avec la saison précédente quand Dantley a marchandé sa phrase avec Disney ! Les Pistons avaient prévu de donner une bague à Dantley mais ces déclarations de la semaine leur ont fait changé d’avis.

L’émotion de la rencontre se poursuit dans le vestiaire. Mahorn mène le chant des « Bad Boys, Bad Boys » et arrose le propriétaire Bill Davidson de champagne. Isiah et Laimbeer sont interviewés par Brent Musburger de CBS. Salley attrape le trophée et crie « hé bébé, comment va tu ? Tu veux venir avec moi ce soir ? Laimbeer embrasse le trophée. Isiah renverse du champagne dessus. Aguirre est assis dans son vestiaire, les larmes coulent sur son visage « je ne sais pas pourquoi je fais cela. C’est le plus beau jour de ma vie. Pourquoi je pleure ? Je ne pensais pas que cela pouvait m’arriver ! « . Thomas arrive et met ses bras autour de Aguirre.

L’AUTEUR

Cameron Stauth est un auteur américain avec plus de 26 livres à son actif, principalement sur des sujets médicaux. Passionné de sport, il a écrit tout de même deux ouvrages détaillés sur le basket : « The Golden Boys » sur la Dream Team de 1992 et « The Franchise », livre de référence sur le premier titre des Pistons en 1989.

L’AVIS DE BASKET RETRO

« The Franchise » est un ouvrage qui pourrait probablement ne plus être écrit de nos jours. C’est une immersion dans le vestiaire, dans le quotidien des Pistons à une époque où les journalistes avaient un accès quasiment illimité aux joueurs et où les communications se faisaient de façon naturelles et non contrôlées. C’est un livre imposant (349 pages) : Stauth prend le temps de détailler la construction mais aussi au jour le jour la saison historique des Pistons.

Pour les fans des Pistons des années 80, ce livre est un indispensable et une vraie mine d’or. Il plaira également à tous ceux qui aiment la NBA des années Jordan, Magic, Bird, … et rétabli certaines vérités sur la relation entre Jordan et les Pistons et surtout la perception des Bad Boys du meilleur joueur de tous les temps.

Enfin et surtout, c’est une leçon, souvent oubliée, de ce qu’est une équipe de Basket : une combinaison de forces complémentaires et de faiblesses maîtrisés où l’unité fait la force face aux individualités. Plus qu’une équipe, une famille.

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Twitter : @junkyardswan

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