Breaking News

[Portrait] Carlos Arroyo, l’amour du beau jeu

Portrait

Montage Une : Aurélien Sohard pour Basket Rétro

Nombreux ont été les joueurs à être venu chercher la gloire sur le continent européen dans l’histoire récente du basket. Pourtant, seule une poignée d’entre eux a réussi à marquer durablement son sport par son talent et sa vista. Carlos Arroyo est de cette trempe, une valeur sûre partout où il est passé et un meneur de génie capable de sublimer ses équipes et coéquipiers.

PORTO-RICO, UN ARCHIPEL AU CARREFOUR DES CULTURES

Il en va des pays comme des personnes. Dans un monde toujours plus connecté et globalisé où l’information circule aussi vite qu’une passe calibrée de John Stockton vers Karl Malone, l’ironie est que certains pays demeurent des inconnus dans les imaginaires collectifs. Souvent entendu mais rarement évoqué, cet archipel de trois millions d’habitants situé entre la mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique regorge pourtant de personnalités.

Porto-Rico, une île à l’histoire riche mais aussi stratégique (Crédit photo : http://reflectim.fr)

La plus célèbre étant sans aucun doute Jennifer Lopez, américaine mais dont les parents sont originaires de Porto-Rico. L’interprète de « Jenny from the block » n’est pas la seule puisque son ancien mari, le chanteur Marc Anthony est également originaire de l’île. Toujours dans la chanson, « Un, dos, très » avec Ricky Martin qui est portoricain. Sans compter l’actrice Oscarisée (meilleure actrice dans un second rôle) en 1962 pour son rôle dans le film musical « West Side Story », Rita Moreno. Benicio del Toro, quant à lui, l’un des acteurs fétiches du réalisateur américain Steven Soderbergh (Che, Traffic) a la particularité d’avoir trois nationalités (américaine, espagnole et portoricaine), lui qui est né à San Germán, à l’ouest de l’île et d’être le cousin d’un certain Carlos Arroyo. Enfin, Amaury Nolasco, plus connu comme « Fernando Sucre », le compagnon de cellule et ami du roi de l’évasion, Michael Scofield, dans la série au long cours « Prison Break ». Ainsi que les « Roi du Reggaeton », Daddy Yankee ou Don Omar. Pourtant, le sport portoricain n’est pas en reste. Les joueuses de tennis avec Gigi Fernández, première joueuse de l’île à avoir intégrée le « Hall of Fame » ou Monica Puig, qui a remporté l’Or aux J.O. de 2016 à Rio. Sans compter les boxeurs ou le base-ball qui sont des institutions à San Juan. Mais le basket n’est pas en reste à travers l’un de ses plus illustres représentants, avec le meneur Champion NBA en 2011 avec les Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki, J.J. Barea, aujourd’hui à l’Estudiantes Madrid. Carlos Arroyo, meneur au long cours, homme des records et de passion pour la balle orange.

Carlos Arroyo (à gauche) est donc de la même famille que l’acteur Benicio del Toro (à droite) (Crédit photo sportmen.barcin.com)

DE FAJARDO A LA NBA : UN PARCOURS D’ETUDIANT MODELE

Le poste de meneur au basket est analogue à celui du football. Vista, capacité à faire jouer ses partenaires, sens de la tactique et de la stratégie, sang-froid dans les moments chauds et scoring sont les matrices essentielles permettant au titulaire de ce poste de briller dans les moments les plus importants. Carlos Arroyo se caractérise par toutes ces qualités et l’a démontré tout au long de ses presque 25 ans de carrière, des jeunes aux professionnels. Un modèle de gestion, un jeu pur et sans forfanterie mêlant allégrement passes et points tout en impliquant tous ses partenaires. Un esthète de son sport. Né en 1979 dans la municipalité de Fajardo sur la côte ouest de l’archipel, connue pour être une station balnéaire reconnue et dont les paysages mêlant le bleu azur de l’océan, les bancs de sable fin et la verdure sont un paradis, Arroyo ne va pas passer son temps à profiter du farniente de la région. Après une petite saison au sein de l’équipe locale des Cariduros de Fajardo, Arroyo va profiter du double cursus offert par le « voisinage » de la Floride pour s’envoler à Miami.

En rejoignant l’équipe de la « Florida International University », Arroyo va dès lors allier basket et études durant trois saisons. Ce qui lui permettra d’expérimenter un basket universitaire américain toujours intéressant d’étudier. Un parcours davantage d’étudiant américain modèle et qui va lui permettre d’emmagasiner de la confiance avant le bond en avant vers le professionnalisme. Dès lors, à partir de la saison 2001-2002, Arroyo va se lancer dans la grande incertitude du sport mais quoi de plus normal, lorsque l’on naît si proche des États-Unis que de lorgner vers le puissant voisin et son championnat prestigieux. La NBA va donc accueillir ce jeune prospect d’un mètre 88 qui ne le sait pas encore mais à l’aube de cette saison 2001-02 marquée par les attentats commis contre les Tours Jumelles du World Trade Center et le Pentagone, il va connaître tous les recoins du pays. Dix saisons, entre 2001 et 2011, entrecoupé d’un court passage en Espagne et en Israël, au sein d’un championnat où les places sont chères qui vont mener Arroyo d’est en ouest du pays.

UN EXPERT DU JEU ET AS DE LA GEOGRAPHIE AMERICAINE

Lorsque l’on regarde de près le parcours de Carlos Arroyo, un constat saute aux yeux. Un extraordinaire don pour les voyages avec une présence de près de 10 saisons au sein de la Ligue américaine et un incessant flot d’arrivée-départ. Tout commence tout d’abord, lors de la saison 2001/2002 chez les Raptors de Toronto. Avec des partenaires aussi prestigieux que Vince « Air Canada » Carter, Dell Curry, le père du « Sniper » des Warriors Stephen Curry ou bien encore le double champion NBA avec les Houston Rockets et qui va finir sa carrière cette saison-là : le grand Hakeem Olajuwon. Pas mal pour un rookie de 22 ans. Une saison au cours de laquelle les Raptors vont terminer septième de la Conférence Est mais vont buter en Play-Offs sur les Pistons de Detroit (élimination 3-2). Pour Arroyo, c’est le début d’une expérience grandeur nature avec ses 3 points et 2 passes décisives de moyenne pour près de 40 rencontres jouées. Une petite saison au Canada et Arroyo va faire le chemin de l’autre côté des Etats-Unis, dans le Colorado au sein des Denver Nuggets où une poignée de matchs l’attendront mais avec des stats largement meilleures en termes de ratio (4 points et 2,5 assists en 20 rencontres). Une petite expérience avec des coéquipiers reconnus tels que le français Tariq Abdul-Wahad, premier Tricolore à avoir été drafté en 1997 par Sacramento, Tim Hardaway, Antonio McDyess, le meneur gaucher Nick Van Exel ou encore un des joueurs les plus tatoués du circuit et futur Champion NBA avec les Heat de Miami (2013), Chris Andersen. Qu’à cela ne tienne, Carlos Arroyo ne prendra pas ombrage des expériences où son jeu de complément permettait de soulager ses partenaires mais pas suffisamment pour chiper une place de titulaire à part entière.

2002 ne sera donc pas une mauvaise année pour le Portoricain puisqu’il aura un autre point de chute, un peu plus à l’ouest du Colorado. Au sein des Utah Jazz du regretté Jerry Sloan, Carlos Arroyo va trouver stabilité, performance et statistiques dignes de ce nom. Durant trois saisons, entre 2002 et 2005, Arroyo va pouvoir progressivement élever son jeu et participera à un grand nombre de rencontres. Avec l’acmé de sa carrière en NBA lors de la saison 2003/2004 avec une moyenne de 12,5 points et 5 passes décisives. En reprenant progressivement le rôle dévolu à un certain John Stockton qui va prendre sa retraite en 2003, une année où son compère de toujours Karl Malone ira aux Lakers avant de tirer sa révérence en 2004, mais avec des partenaires de renoms. Une première saison avec Karl Malone, Andreï « AK47 » Kirilenko, John Amaechi, Greg Ostertag et Mark Jackson. Une seconde beaucoup plus européenne et qui va sans doute jouer sur sa carrière future sur le « Vieux Continent » avec toujours le Russe Kirilenko mais également l’Espagnol Raül López, le Croate Gordan Giriček ou le Serbe d’alors et futur Monténégrin (le pays ne sera indépendant de la Serbie qu’en 2006) Aleksandar Pavlović. Et une dernière saison encore plus estampillée « Made in Europe » puisque le Turc Mehmet Okur va rejoindre un effectif complet renforcé également par Carlos Boozer, né en… Allemagne. Sur un plan comptable personnel, d’excellents résultats pour Carlos Arroyo mais d’un point de vu collectif, un peu moins puisque Utah terminera 7ème de la toujours très difficile Conférence Ouest et sera éliminé (4-1) par les Kings de Sacramento. Avant de terminer aux portes des Play-Offs (9ème) et 14ème les deux saisons suivantes. Peu importe néanmoins pour le meneur car, avec ces trois saisons, il signe avec les « Jazz » son bail le plus long de sa carrière professionnelle, Europe et NBA inclus.

Arroyo lors de son excellent passage aux Utah Jazz et avec des…cheveux (Crédit photo : Lalasport.com)

Dès lors, à partir de la saison 2005-2006, Arroyo va reprendre son bâton de pèlerin et s’engager une saison chez les Detroit Pistons qui ont gardé une grande partie de leur effectif de champions 2004 avec Chauncey Billups, Richard Hamilton, Tayshaun Prince et les « Tours » Wallace, Ben et Rasheed ainsi que ce bon vieux pivot serbe, Darko Miličić. Là encore, Arroyo va être un bon joueur d’équipe et apporter son écot à son équipe qui finira finaliste de la Conférence face aux Miami Heat (2-4). Rebelote une saison plus tard où Arroyo va se retrouver, cette fois, près de son île natale puisqu’il va rejoindre Orlando durant deux saisons. En Floride, au côté de joueurs confirmés tels que J.J. Redick, le Turc Hedo Türkoğlu, Grant Hill ou encore Jameer Nelson, le meneur va grandement participer aux deux qualifications aux Playoffs de son équipe. Malheureusement, entre un 4-0 (premier tour) et un 4-1 (en demi-finale de Conférence) contre Detroit lors des deux saisons, l’aventure s’arrêtera net pour Arroyo et les siens.

DEPART EN EUROPE, PREMIERS TROPHEES EN ISRAEL, RETOUR EN NBA

Vous l’aurez compris, Carlos Arroyo se construit une solide petite réputation américaine de meneur fiable et compétent mais, dans la vie, il faut parfois un solide coup de pouce du destin. Tenaillé entre sa volonté de rester en NBA et celle de tenter sa chance Outre-Atlantique, la seconde option va dès lors rapidement faire son apparition. Direction donc, lors de la saison 2008/2009, l’Europe et plus exactement sa pointe la plus orientale avec Israël et le « Club-Nation » du Maccabi Tel-Aviv. Une institution au pays des musiciens et chanteurs Ivry Gitlis, Rika Zaraï (décédés tous les deux en 2020) et Mike Brant. Force est donc de constater que Carlos Arroyo a eu le nez creux et va tomber au sein d’une équipe taillée pour mater la concurrence à l’intérieur de ses frontières et faire souffrir ses adversaires européens en dehors. Disons-le clairement, pour l’Europe, ce sera un défi trop haut à relever puisque le Maccabi va être éliminé lors de la seconde phase de poules. Terminant troisième derrière les deux mastodontes espagnols, Barcelone et le Real Madrid. Mais au niveau national, Carlos Arroyo va remporter ses premiers trophées collectifs et personnels en 2009. Un titre de Champion d’Israël pour commencer et un titre de MVP lors de la finale remportée face à un autre Maccabi, Haifa, 85-72 avec 22 points et 6 passes décisives pour notre bonhomme.

Arroyo au Maccabi Tel-Aviv, en mode volleyeur (Crédit photo : maccabi.co.il)

Conjuguée avec un titre de meilleur passeur du championnat et le Portoricain va goûter à la joie suprême des titres. Avec des coéquipiers tels que l’ancien Limougeaud, le génial Marcus Brown qui va tirer sa révérence sur ce titre, l’américano-israélien D’or Fischer et les Israéliens Lior Eliyahu et Omri Casspi futur joueur NBA et qui va connaître comme son coéquipier portoricain, un tour des Etats-Unis (Sacramento, Cleveland, Houston, Golden State ou Memphis notamment). Couronnant cette excellente saison israélienne, Arroyo va retenter sa chance en NBA et atterrir une nouvelle fois en Floride mais cette fois chez les rivaux de Miami. Deux saisons durant entre 2009 et 2011 à Miami, une franchise qui va connaître bientôt son heure de gloire et son « Big-Three » avec Dwayne Wade, Chris Bosh et LeBron James. En attendant, Carlos Arroyo va tomber sur une véritable armée mexicaine et ne cessera de croiser des noms reconnus dans la Ligue. Pêle-mêle, Mario Chalmers, Joël Anthony, Michael Beasley, Udonis Haslem, Jamal Magloire, Daequan Cook, Rafer Alston, Mike Bibby, Mike Miller, le Lituanien Žydrūnas Ilgauskas et bien évidemment le trio de feu, futurs champions NBA (2012 et 2013) sous la houlette d’Erik Spoelstra. Dans ces conditions, Arroyo va trouver les ressources pour se faire une petite place sous le soleil de Floride et obtenir du temps de jeu et la possibilité de se montrer. Entre 60 et 70 partis joués, 4 et 6 points de moyenne et 3 de passes décisives, le bilan n’est pas franchement à rougir. Miami se hissera en Playoffs en connaissant des fortunes diverses avec une élimination, en 2010, par Boston 4-1 au premier tour puis défaite en finale, 4-2 face aux Mavericks de Nowitzki en 2011. Mais pour Carlos Arroyo, à 32 ans, l’heure du départ va sonner, une nouvelle fois (après un petit arrêt dans le Massachusetts et les Celtics de Boston, où la concurrence sera féroce). Pour trouver son but, être un meneur titulaire faisant jouer ses coéquipiers et prenant le jeu à son compte.

LeBron James, Dwayne Wade et Carlos Arroyo en mode détente à Miami. Qui a raconté une blague ? (Crédit photo : bleacherreport.net)

LA « TRIPLE COURONNE » DE 2012, LE MOMENT DE GLOIRE AVEC BESIKTAS

La Turquie connaît depuis une bonne vingtaine d’année un engouement croissant pour la balle orange. Emmenée par la locomotive du pays, anciennement nommée Efes Pilsen tout d’abord puis avec les investissements des « Trois Grands » du football (Fenerbahçe, Besiktas et Galatasaray) ensuite, le basket va prendre une place prépondérante dans le cœur des Turcs et des investisseurs. Tant et si bien que le pays va même exporter des joueurs en NBA avec Mehmet Okur, champion en 2004 avec les Detroit Pistons ou encore l’actuel président de la Fédération turque de basket, Hidayet Türkoğlu, pièce maîtresse des Magic d’Orlando reconnue pour son association avec le pivot Dwight Howard. Dès lors, au début des années 2010 avec notamment la finale du Championnat du monde atteinte par la bande à Türkoğlu, perdue face Kevin Durant et les États-Unis, à domicile (81-64), les clubs turcs vont se mettre sur le marché du joueur de référence. A ce petit jeu, Beşiktaş, club du quartier éponyme et situé sur le flanc européen d’Istanbul va faire très fort en ramenant deux joueurs que les amateurs de NBA connaissent bien. Tout d’abord, lors de la saison 2010-11, un certain Allen Iverson va débarquer sur les rives du Bosphore. L’ancien totem de Philadelphie va faire son apparition et donner un grand coup médiatique au club turc. Mais, souffrant de ses articulations, « The Answer » va se faire opérer et céder sa place, la même saison, à un autre meneur pur NBA. Deron Williams va lui aussi profiter de l’exposition médiatique hors-norme qui sera donnée à Beşiktaş et aussi sur le gros salaire offert pour venir booster l’équipe. Des coups de folie et des scores personnels dignes d’un « All Star » vont donner à Williams une aura jamais démentie notamment grâce à ses 50 points face à un club allemand en Coupe d’Europe. Si bien que Beşiktaş lui fera l’honneur, lorsque le meneur retournera au Etats-Unis à la fin du « Lockout » de 2011 de retirer son maillot après à peine une poignée de rencontres. Le problème maintenant pour les dirigeants du club, éliminé par la suite en quarts de finale des Playoffs turcs est de maintenir la cadence. En ayant offert sur un plateau en or massif du clinquant, du nom et des performances élevées, les supporteurs se mettent à rêver d’une équipe qui mettra le championnat sous sa coupe.

Beşiktaş a eu raison de recruter un tel joueur !! (Crédit photo : trendbasket.net)

Dans ces conditions et dans un pays où il est plus facile de défaire une équipe que d’en bâtir une, les dirigeants de Beşiktaş vont se concentrer sur deux postes clés. L’entraîneur sera Ergin Ataman, un homme habitué aux grosses cylindrées, expérimenté voire caractériel et qui n’a pas peur de rentrer dans le lard de ses joueurs. Champion d’Europe, avec la Coupe Koraç remporté avec Efes Pilsen en tant qu’assistant et plus tard une coupe Saporta avec les Italiens de Montepaschi Siena, Ataman est l’homme idoine pour un club ambitieux. Le second poste-clé est celui de meneur. Le dévolu va donc être porté sur Carlos Arroyo, troisième portoricain du club turc après ses compatriotes, les arrières Larry Ayuso (2003-04) et Rick Apodaca (2007-08). Auréolé de deux saisons à Miami, mais en recherche de temps de jeu et avec une féroce envie de prendre une équipe à son compte, enfin. Autour des deux hommes, va être constitué un noyau de joueurs capables de profiter des offrandes du Portoricain. Les arrières américains en provenance d’Italie, Marcelus Kemp et le musculeux David Hawkins, le naturalisé Erwin Dudley alias Ersin Dağlı qui a déjà une bonne expérience en Turquie, lui qui a évolué cinq saisons à Ankara avec l’équipe de Türk Telekom puis avec Efes Pilsen. L’ailier-fort serbe Zoran Erceg en provenance de Grèce et l’Anglais « bondissant » Pops Mensah-Bonsu vont compléter la rotation où seront également présents notamment les Turcs Serhat Çetin, un ailier très adroit comme danger extérieur à trois points et l’ailier-fort Barış Hersek qui aura une particularité dans le futur : avoir été un des joueurs turcs les plus titrés du pays (14 titres nationaux et deux Coupe d’Europe). Les jeunes meneurs Mehmet Yağmur et Kartal Özmızrak, l’arrière Mehmet Ali Yatağan et le pivot Adem Ören étant là pour reposer les titulaires notamment en championnat. Une équipe constituée donc autour d’Arroyo qui va avoir la tâche de les mener vers le succès. Auréolé du numéro 30, Arroyo et sa bande vont vivre une saison exceptionnelle à tous points de vue. En championnat tout d’abord où Beşiktaş, considéré comme moins armé chaque saison que ses rivaux stambouliotes, va remporter le titre. Après une quatrième place lors de la saison régulière, les « Kara Kartal » (« Aigles Noirs » en V.O.) vont remporter la miseen battant lors de chaque tour, largement ses adversaires. Fenerbahçe en quart de finale (2-0), Galatasaray (3-1) en demi et pour finir les grands favoris Efes Pilsen (4-2). A chaque fois, soit Dudley soit Erceg soit Hawkins ou Mensah-Bonsu se mettront en valeur, bien aiguillés par Arroyo.

Ce dernier fera plier lors de l’ultime rencontre Efes Pilsen avec 18 points et 8 passes décisives. Un second titre dans la besace du meneur après celui obtenu avec le Maccabi Tel-Aviv en 2009 et un second de titre de MVP obtenue en finale. Ce titre va constituer l’apothéose d’une saison fantastique pour Beşiktaş puisque, avant celui-ci, le club va remporter la Coupe de Turquie face à Banvit (78-74), partie durant laquelle Arroyo va se distinguer en offrant 6 passes décisives. Mais surtout, le club turc va remporter l’Eurochallenge face à l’Élan Chalon de Greg Beugnot et Blake Schilb (91-86) derrière un Zoran Erceg de gala (25 points et 15 rebonds), d’un Mensah-Bonsu absolument monstrueux (26 points et 20 rebonds dont 12 offensifs !!) et d’un Arroyo efficace à la mène (8 passes). Coupe d’Europe, Coupe de Turquie et Championnat, trois titres en une seule saison pour le Portoricain qui n’a certainement pas dû regretter son déplacement sur les terres turques. Pourtant, lorsqu’une saison s’achève avec autant de titres et de prestiges en Turquie, les finances reprennent vite le dessus. Auréolés de gloire et de coupes, la masse salariale va devenir assez rapidement problématique pour Beşiktaş. Ce qui va entraîner un exil de la part d’Arroyo, Hawkins, Dudley Mensah-Bonsu, Erceg et coach Ataman. Mais pas vraiment loin puisque tous iront, dans un avenir plus ou moins lointain vers une autre équipe turque.

Entre 2013-2015 à Galatasaray : entre Arroyo et Ataman, une histoire continue

Une des habitudes des joueurs du championnat turc est d’avoir la bougeotte et des envies d’ailleurs. Dans une ville tentaculaire et à l’instar des clubs de foot anglais situés dans un petit périmètre, Istanbul offre une belle vie, un cadre agréable et de nombreux clubs de basket. Fenerbahce, Galatasaray, Beşiktaş ou encore récemment Darüşşafaka offrent les moyens de leurs ambitions. Après avoir réussi à débaucher de leur rival Beşiktaş, Ergin Ataman qui est par ailleurs supporter du club de foot du même nom, Galatasaray va refaire le même coup que les « Noirs et Blancs ». A savoir réunir la même équipe tenante de trois titres obtenus lors de la saison 2011-12. Et pour cela, quoi de mieux que réunir les têtes pensantes champions en titre. Pour cela, Galatasaray va procéder par petit coup. Tout d’abord, prendre, on l’a vu, Ataman en tant qu’entraîneur. Ce dernier ne va pas perdre de temps et obtiendra de son board les transferts de David Hawkins (2012), Erwin Dudley (2012) et Mensah-Bonsu (2013). Dans un second temps, laissé libre par Beşiktaş, Arroyo va revenir sur les bords du Bosphore avec Galatasaray début 2013. Le cinquième larron, Erceg revenant (en 2013-14) une saison plus tard après un bref et décevant passage au sein du CSKA Moscou. En attendant, la saison 2012-2013 va partir avec les mêmes oripeaux avec l’arrivée d’Arroyo et une équipe encore plus armée que précédemment. Outre Arroyo et Dudley et malgré la résiliation du contrat de David Hawkins en raison d’une suspension pour dopage, l’équipe de Galatasaray a fière allure.

Coach Ataman a toujours eu confiance en Arroyo (Crédit photo : eurohoops.net)

Le meneur US Jamont Gordon, ancien du CSKA, le Géorgien Manuchar Markoishvili, la légende sénégalaise, ancien de la JDA Dijon et double champion d’Espagne avec Barcelone, Boniface N’Dong dans sa dernière année en pro, l’ailier-fort serbe Milan Mačvan, l’arrière américain naturalisé Bosnien Henry Domercant ainsi que les Turcs Ender Arslan, meneur de l’Équipe nationale, le pivot (et futur joueur NBA à Philadelphie) Furkan Aldemir, le globe-trotter d’Istanbul qui va faire toute sa carrière dans sa ville natale, l’arrière Cenk Akyol, le pivot Sertaç Şanlı actuellement à l’Anadolu Efes avec Ergin Ataman et le futur capitaine de Galatasaray Göksenin Köksal complétant le tableau. Une équipe solide et puissante donc, idéale pour le jeu d’Arroyo qui va se régaler. Pour une saison presque aussi belle que la précédente puisque Galatasaray va remporter le championnat turc, perdre en finale contre les rivaux honnis de Fenerbahçe en Coupe de Turquie (63-57) malgré 7 passes du Portoricain et être éliminés en phase de poule en Coupe d’Europe au point-average face à Ulm. Arroyo sera décisif lors des playoffs turcs et va permettre à son nouveau club d’occuper la plus haute marche du podium, 23 ans après son dernier titre (198-90). Une saison tout autant magnifique pour Galatasaray qui va réussir le doublé foot-basket sous la houlette de Fatih Terim et avec l’Ivoirien Didier Drogba et le Néerlandais Wesley Sneijder à la baguette mais également chez les filles puisque le club féminin va remporter le titre la même saison.

« C’était une période très difficile mais nous avions réussi à faire en sorte que la saison (avec Beşiktaş) soit exceptionnelle. Mais l’artisan majeur de ces victoires est sans nul doute le coach Ergin Ataman. Il a mis en place les conditions nécessaires pour que toutes les pièces du puzzle s’imbriquent et a voulu continuer ensuite sur la même lancée à Galatasaray. Cela a pris un peu de temps mais nous avons réussi à rebâtir une nouvelle équipe, les mêmes conditions du succès… Pour nous, c’est un job mais pour les supporteurs, c’est plus que cela. » Carlos Arroyo, lucide sur le basket et le côté passionné des supporteurs turcs (Source : https://ortacizgi.com/carlos-arroyodan-besiktas-itirafi  

Ataman-Terim, deux personnages du sport turc aussi aimé par les fans de Galatasaray que détestés par les autres et notamment ceux du « Fener ». Ergin Ataman qui est surtout connu pour donner libre cours à son joueur fétiche dans une configuration où la star de l’équipe a la liberté d’entreprendre et a le reste de l’équipe à son service. A l’instar de Shane Larkin actuellement qui fait les beaux jours de l’Anadolu Efes sous la houlette du coach turc. Carlos Arroyo va dès lors continuer à Galatasaray avec son coach favori lors de la saison 2013-14.

Le duo Arroyo-Ataman n’a jamais coupé les ponts (Crédit photo : ajansspor.com)

Galatasaray va repartir avec la même ambition avec de nombreux transferts mais un Carlos Arroyo intouchable. Malgré le retour de Zoran Erceg et l’arrivée du serbe Vladimir Micov, des internationaux turcs Sinan Güler et Kerem Gönlüm, les « Jaunes et Rouges » vont être bien placés toute la saison durant. Disputant la plus grande compétition européenne, l’Euroleague, toujours dévoreuse d’énergie, les hommes d’Ergin Ataman atteindront les quarts de finale de la compétition, éliminée par le FC Barcelone (3-0) mais en ayant sauvé l’honneur des clubs Turcs dans la mesure où Fenerbahçe et Anadolu Efes ont été éliminés dans leur poule. Une demi-finale de Coupe de Turquie plus tard, Arroyo et ses coéquipiers vont atteindre leur Graal ultime, une seconde finale consécutive, et même une troisième pour le meneur de génie. Après avoir éliminé Besiktas en trois sets (3-0) puis Banvit en 4 (4-1), Galatasaray va retrouver en finale son meilleur ennemi : le « Fener » de Željko Obradović, du Croate Bojan Bogdanović et du serbe Nemanja Bjelica. Menés 2-0 et après avoir égalisé, Arroyo et sa bande va rendre coup pour coup à Fenerbahçe. C’est donc à 3 victoires partout, après une excellente rencontre du Portoricain (19 points, 9 passes) lors de la sixième partie que le drame va se nouer. Carlos Arroyo qui pouvait raisonnablement rêver à la réalisation d’un triplé historique va se retrouver au milieu de la dramaturgie à son corps défendant. Un embrouillamini mêlant arbitrage mise en cause, insultes des supporteurs de Galatasaray envers un joueur du « Fener » dont la maman venait de décéder, et la cristallisation dans la haine du club de Fenerbahçe envers Ergin Ataman. Ce dernier ne se cachant jamais pour affirmer haut et fort que Galatasaray est son club et qu’il défendra ses intérêts jusqu’au bout. Ce qui, encore aujourd’hui, exacerbe les relations du coach turc avec Fenerbahçe. Dès lors, toute cette tambouille mélangeant « supportérisme » exacerbé, volonté des dirigeants de se montrer davantage, justement, comme des supporters que comme des professionnels du basket et crainte de voir le match, qui devait se jouer sur le terrain du « Fener », dégénérer, Galatasaray va acter son retrait et être défait sur tapis vert 20-0. Un crève-cœur pour Carlos Arroyo privé, compétiteur dans l’âme, de son titre de l’an passé avec le « Galata » et d’un autre qui pouvait lui tendre la main… Pour les « Canaris » (surnom du « Fener ») en revanche et son nouveau coach, un certain Željko Obradović, pas d’état d’âme puisque le grand manitou serbe va remporter son premier (sur un total de 4) championnat turc à l’issue de la saison 2013-14.

Entre Galatasaray (en rouge) et Fenerbahçe (en blanc), c’est plus qu’une rivalité et Arroyo va en faire les frais lors de la finale de la saison 2013-2014 (Crédit photo : 1.bp.blogspot.com)

Sur cet échec relatif et davantage lié à l’hystérie collective autour de cette finale, Carlos Arroyo va repartir au combat la saison suivante (2014-15). Une saison beaucoup plus difficile et qui va sonner le glas de sa présence à Galatasaray et en Turquie. Arroyo sera encore présent à titre individuel mais la situation sportive va provoquer de nombreux soubresauts et départs de joueurs. Malgré une qualification pour le Top 16, Galatasaray va finir bon dernier de son groupe et va pouvoir se concentrer sur le championnat où sa qualification sera obtenue in-extremis. Ex-æquo avec… Beşiktaş, Arroyo et ses hommes ne devront leur salut qu’au point-average entre les deux équipes. Pour ensuite être éliminés en quart de finale par… Fenerbahçe (2-1) en playoff du championnat et au même stade lors de la Coupe de Turquie face à l’Anadolu Efes de Thomas Heurtel. Carlos Arroyo finira cette saison avec 15 points et 5 passes décisives de moyenne. Toutefois, les spectateurs et les téléspectateurs auront le privilège de voir à l’œuvre ce merveilleux joueur lors du « All Star Game » turc qui va voir s’affronter « l’Europe » (Beşiktaş, Galatasaray, Darüşşafaka) face à « l’Asie » (Fenerbahçe, le club d’Izmir Pınar Karşıyaka ou Banvit notamment). Elu avec plus de 33000 voix et titulaire indiscutable pour la zone Europe, Arroyo va atomiser la concurrence avec un triple-double : 14 points, 11 rebonds et 22 (!) passes décisives pour ses partenaires d’un soir pour une victoire de l’Europe face à l’Asie sur le score de 138-130. Avec, en prime, le titre de MVP de la soirée pour le meneur Portoricain dans cette exhibition en guise d’adieu à la Turquie et Galatasaray en fin de saison.

BARCELONE, DERNIER TOUR EN EUROPE ET RETOUR AU BERCAIL

L’aventure turque de Carlos Arroyo va dès lors prendre fin en raison des problèmes financiers de Galatasaray. Ayant consenti à de nombreux efforts et malgré son professionnalisme sans faille, Arroyo va dire stop et quitter le club turc. Direction l’Espagne où lors de la saison 2015-16, le Portoricain va évoluer au FC Barcelone aux côtés du Tchèque Tomáš Satoranský, du Grec Stratos Perperoglou, du Croate Ante Tomić et des Espagnols Álex Abrines et Pau Ribas sous les ordres du coach Xavi Pascual. Il va y glaner à Malaga, une Super Coupe d’Espagne face à Gran Canaria avec des statistiques honorables (7 points, 2 rebonds et 2 passes). Une saison épique pour le Barca puisque le club catalan sera éliminé en quarts de finale (3-2) face aux surprenants russes du Lokomotiv Kuban et le championnat perdu face aux rivaux du Real (3-1). Pour Arroyo, un moyen de boucler la boucle européenne en tant que joueur de réserve derrière Satoranský qui lui permettront de garnir sa ligne de stats de 6 points et 3 passes en moyenne. Avant de retourner sur son île natale et finir sa carrière à presque 40 ans au sein du Cariduros de Fajardo dont le Portoricain est désormais actionnaire. Carlos Arroyo va donc solder une belle et riche carrière de près de 25 ans durant laquelle, il aura fait étalage de toute sa science du jeu, de son talent mais également de son caractère. Dans un sport collectif, il arrive souvent que pour des histoires d’égo ou de statistiques, les masques tombent. Or, avec Arroyo, point de cela, le meneur va se transformer, partout où il va évoluer, en soliste du jeu et être l’âme collective de ses équipes. Même sous la houlette d’un entraîneur aussi dur et véhément que peut l’être Ergin Ataman, Arroyo deviendra son homme de confiance et montrera tout le plaisir que peut ressentir un spectateur à le voir évoluer.

LONGUE CARRIERE EN SELECTION ET JO. 2004, LE QUART-D’HEURE DE GLOIRE FACE A « TEAM TIM USA »

Toutefois, au-delà de sa carrière NBA en tant que « team-player » ou en Europe en tant que leader de son équipe, Carlos Arroyo ne va jamais lâcher sa sélection nationale avec laquelle il va remporter quantité de médailles. Dans les compétitions de la zone américaine où Porto Rico est engagée (Jeux panaméricains, Championnat des Amériques, le tournoi Centrobasket réunissant les pays d’Amérique centrale ou les Jeux Caribéens), Carlos Arroyo et ses coéquipiers remporteront de l’Or, de l’Argent ou du Bronze et le meneur sera le point d’ancrage de sa sélection. Mais, dans la vie, il existe également un quart d’heure de gloire internationale que chaque joueur doit connaître à un moment ou un autre de sa carrière. Pour Arroyo, ce moment de quintessence absolue en sélection va avoir le cadre des Jeux Olympiques de 2004 où Porto Rico va réussir la gageure de choquer littéralement la planète basket. Versés dans le groupe de la Lituanie, de la Grèce, de l’Australie, de l’Angola mais surtout des Etats-Unis, les Portoricains vont détonner et de quelle manière.

« J’ai joué ce match en essayant de gagner un peu plus de respect pour le basket-ball de Porto Rico. Pas seulement pour notre équipe, mais pour tout le pays » Carlos Arroyo, pour l’amour du maillot (Source : 1.rfi.fr)

Dès la première journée en août 2004, Porto Rico va frapper un grand coup face aux Américains de Tim Duncan, Allen Iverson, LeBron James, Lamar Odom, Carmelo Anthony, Dwayne Wade and co, excusez du peu !! Résultat des courses ? Une victoire par 92 à 73 et un Arroyo en lévitation. 22 points d’écart à la mi-temps pour Porto-Rico (49-27), une finalisation de la victoire par le meneur de jeu et sa dizaine de points dans le dernier quart-temps et 24 points et 7 passes et un gimmick durant toute la rencontre à chaque point. Le tirage de son maillot pour bien montrer le nom de son pays à face du monde. Une fessée pour les Etats-Unis qui finiront troisième du groupe (derrière Porto-Rico !!) et sur la troisième marche du podium derrière l’Argentine de Manu Ginóbili et l’Italie de Gianluca Basile.

Carlos Arroyo a été le porte-drapeau de la délégation porto-ricaine cette même année 2004 (Crédit photo : sportmen.barcin.com)

Porto-Rico étant éliminé par l’Italie en quart de finale va terminer ses J.O. sur une honorable sixième place, la meilleure place du pays à ce jour aux Olympiades. Dès lors, si l’on devait résumer la carrière de Carlos Arroyo, quelques mots reviendraient sans doute sur le devant de la scène. Fiabilité, efficacité, collectif et amour du jeu car sans cela, impossible de démontrer une telle régularité à un niveau aussi élevé, de Toronto à Denver, de Utah à Detroit en passant par Orlando, Miami, Beşiktaş, Galatasaray ou sa sélection. Porto-Rico a toujours été une île à part dans son histoire. Située sur un avant-poste bien utile aux Espagnols puis aux Américains, sa position était essentielle et stratégique. Bien des années plus tard, Arroyo a pu, dans son secteur de jeu, mettre à profit son rôle stratégique et sa vista au service de ses équipes et de son pays. Comme le chantait son compatriote Ricky Martin dans un de ses titres, « Livin’ la Vida Loca ». Une belle leçon de vie donnée par Carlos Arroyo finalement.

Arroyo va littéralement écoeurer les Etats-Unis lors des J.O. d’Athènes en 2004 (Crédit Photo : Bob Thomas Sports Photography via Getty Images)

BONUS TRACK : UN ARTISTE A TOUS LES NIVEAUX

En parlant de chanson, eh oui, Carlos Arroyo s’est également essayé comme chanteur de Reggaeton et se débrouille même plus bien, jugez-en par vous-même. Un artiste autant accompli que le sportif fut prolifique, en somme.

Carlos Arroyo dans son cli de Reggaeton (Crédit vidéo : Youtube – Baila Reggaeton – Carlos Arroyo x Zion & Lennox (Video Oficial)

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Volkan Ozkanal (10 Articles)
Fan de basket européen, d'Anadolu Efes, de Fenerbahçe du KK Partizan Belgrade et du CSKA Moscou, je voue un culte à l'immense Željko Obradović ainsi qu'à Petar Naumoski, grâce à qui j'ai appris à aimer la balle orange. Passionné également d'histoire, j'essaye de transmettre ma passion à travers Basket Retro.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.