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3 Novembre 1984 – Le Carton de George Eddy.

France

Montage Une : Aurélien pour Basket Rétro

Savez-vous que le deuxième prénom de George Eddy est Sherwood ? Tel Robin des Bois, le célèbre héros de la forêt anglaise, le joueur du Racing club de France décoche les flèches de toute part face à Saint Brieuc le 3 novembre 1984 lors de la 7e journée du championnat de France en Nationale 2. 46 points pour le tireur d’élite dont 11 réussites derrière l’arc des 3 points qui a fait son apparition en ce début de saison 1984-85.

Saison 1984-85, la Nationale 2 vit sa dernière année en tant que seconde division du championnat de France. Elle est composée de 2 poules dont les équipes seront dispatchées en fonction de leur classement final en Nationale 1A, Nationale 1B, Nationale 2 (future version) ou Nationale 3 soit quatre niveaux. Il n’y a donc pas de place au démarrage tardif et chaque rencontre a une importance capitale pour être dans le bon wagon.

Le Racing Club de France fait partie des favoris de la poule B. André Buffière, son manageur général, souhaite rapidement monter et ainsi retrouver l’autre club parisien de l’élite, le Stade Français. Le recrutement du médaillé d’argent des Jeux Olympiques de Londres en 1948 est impressionnant: John Revelli, pivot américain qui sort tout juste de l’université de Stanford, Skeeter Jackson (futur papa d’Edwin), intérieur américain naturalisé français, recruté à la Saint-Charles Charenton et George Eddy. Le Franco-Américain a démarré sa carrière professionnelle en France à l’Alsace de Bagnolet 7 ans plus tôt et a connu 4 autres clubs, Châlons-sur -Marne, Caen, Nice et Saint-Julien-les-Villas. Le look de George Eddy ne passe pas inaperçu. A une époque où la barbe n’est pas à la mode comme aujourd’hui, le floridien en arbore une bien épaisse. Il a fait couper les cheveux mi-longs de ses premières années dans l’hexagone, sa coupe étant désormais plus sage et son maillot, très près du corps à l’époque, laisse apparaître sur le torse une pilosité développée parfois cachée par un tee-shirt.

L’équipe du Racing Club de France (source Maxi-Basket)

Buffière se doute bien que les qualités de shooteur de loin de George Eddy vont faire des ravages derrière la nouvelle ligne à trois points et le 22 septembre 1984, à l’occasion de la première journée du championnat, George Eddy confirme les espérances de « Monsieur Basket ». À Bercy, devant les 600 spectateurs de la toute nouvelle salle Marcel Cerdan, il inscrit 41 points dont 9 paniers primés face au promu du Nantes Basket Club. Les compliment pleuvent dont celui de Laurent Dorigo, l’entraineur des Racingmen:

« Il nous faut plus jouer avec lui et ressortir les ballons. Eddy a tout pour devenir le Murphy de la Nationale 2. »

Dorigo compare tout simplement son arrière barbu à Ed Murphy, le célèbre scoreur moustachu du Cercle Saint-Pierre Limoges en Nationale, rien que ça. Les coachs adverses sont prévenus: Gare au deferlement de flèches tirées par George Sherwood Eddy ! Les systèmes défensifs sont adaptés mais les victoires et les belles performances du shooteur du Racing s’enchainent avec un point d’orgue le 3 novembre lors de la réception du COB de Saint-Brieuc.

Les Briochins et leur bilan de 2 victoires et 4 défaites sont un peu tendres ce soir là face aux Racingmen invaincus et les coups des Parisiens font très souvent mouche salle Marcel Cerdan. Les locaux tournent à plus de 70% de réussite aux shoots (41/57) et réalisent douze tirs primés dont onze pour le Franco-American. Le score final est sans appel avec un victoire 111-92. George Eddy score 46 points, John Revelli 32, Mathieu Faye 15, Skeeter Jackson 10, Patrick Onimus 4, Jean-François Trocellier 2 et Bertrand Van Butsele 2. Marc Van Butsele, Broadie et Saporiti s’invitent aussi à la fête. En face, dans l’équipe de Jacky Quinio, Jim Chambers marque 29 points, Philippe Gorczewski 25 et Bruno Lejeune 17. Bien aidé dans son exploit par les bonnes passes et les bons écrans de ses coéquipiers, George est reconnaissant dans son analyse:

« Si je marque autant, je le dois essentiellement au travail de sape fourni par mes coéquipiers qui préparent magistralement le terrain. D’ailleurs en fonction de l’adversaire, nous changeons régulièrement notre fusil d’épaule ! Un autre jour, ce sera Jackson ou Revelli ! Nous permuttons constamment. »

George Eddy sous le maillot ciel et blanc (Source Maxi-Basket)

La première partie du championnat de la poule B de la Nationale 2 est archi dominée par les Ciel et Blanc avec 11 victoires en autant de matchs. George est alors 6e au classement des meilleurs marqueurs avec 25, 4 pts de moyenne. Les matchs retour sont un peu plus délicats avec 4 défaites mais le bilan final de 18v/4d permet au Racing de finir en tête de sa poule et d’affronter le SLUC Nancy qui a remporté la sienne. Mister George, qui a eu droit à un traitement de choc par les défenses adverses, a moins scoré dans la seconde phase, mais termine tout de même 5e marqueur français du championnat avec 22,7 pts. En finale d’accession, Laurent Dorigo doit sélectionner 2 joueurs parmi ses 3 mutés, Jackson, Eddy et Daniel Owen. Il fait le choix de préférer pour des raisons tactiques Owen le défensif à George l’offensif. La victoire en deux manches du Racing lui donne raison et le ticket pour l’élite et la nouvelle Nationale 1A est validé. George Eddy poursuit l’aventure au Racing l’année suivante dans un rôle réduit et est éphémère coach la saison d’après en 1986.

Mais « Sherwood » a plusieurs cordes à son arc. Parrallèlement à sa carrière de basketteur professionnel, George Eddy est recruté par Charles Biétry en janvier 1985 au service des sports de la jeune chaîne cryptée Canal+. Le Franco-Américain, qui s’est interessé au journalisme à l’université de Floride et possède une solide connaissance de la NBA, est le candidat idéal pour devenir consultant sur les matchs de la ligue américaine que diffuse une fois par semaine la chaîne. La légende est en marche et George va s’imposer comme LA voix du basket US en France. Le sniper à 3 points sur les terrains se révèle être aussi un sniper à punchlines et devient l’idole médiatique de toute une génération.

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About Vincent "Baby TER" Reculeau (15 Articles)
passionné de la NBA des années 80 et 90, des drafts de Bird et Magic jusqu'au 6e titre de MJ. Et plus si affinités... Biberonné à Maxi-Basket, 5 Majeur, Canal+ et Pontel.

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