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[Portrait] Eric Struelens, sur la piste du Marsupilami.

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Pierre angulaire de la grande épopée du PSG Racing, Eric Struelens (51 ans aujourd’hui) est l’un des meilleurs éléments que la Belgique ait offerte au monde du basket. Meilleur joueur “Bosman” de notre championnat lors de l’année du titre parisien, “Big Stru” a également dynamité les cercles de liga ACB pendant deux saisons avec le Real, raflant au passage un titre de champion d’Espagne en 2000.

C’est par toute une flopée d’onomatopées que l’on pourrait résumer la carrière de joueur d’Eric Struelens, tant le bondissant Belge s’est illustré aux quatres coins des terrains lors de ses années de joueurs. Insatiable gobeur de rebonds et fracasseur de paniers,  ce grand gaillard de 2,06 mètres et 120 kg était aussi doté d’un tir très fiable. Capable de dégainer plus vite que son ombre à mi distance, avec une réussite solide, le “Marsupilami Belge” a gagné, et fait l’unanimité chez les fans dans tous les championnats par lesquels il est passé.

AU TEMPS OÙ BRUXELLES BRUXELLAIT

C’est relativement tard, à 13 ans, sur les conseils de son professeur d’EPS que Struelens touche ses premiers ballons avec l’équipe réserve du petit club de Wemmel, une commune néerlandophone du nord de Bruxelles. Rapidement, ses qualités physiques et sa tonicité hors norme pour un si grand gabarit lui font intégré l’Excelsior de Bruxelles dans un premier temps, puis par la suite Malines, second club le plus titré de l’histoire du championnat Belge  (disparu en 1995). Jeune basketteur complet, Eric sort des cases, et sait faire bien plus que les classiques missions demandées au joueurs de grande taille.

Arrivé à Malines en tant que simple espoir un peu frêle, Eric, qui l’été, traverse l’Atlantique pour  réviser ses gammes à Fresno en Californie, en repart sept ans plus tard transformé en “Big Stru” et auréolé de six titres consécutifs de Champion de Belgique, de trois coupes nationales et de deux trophées de MVP du championnat.

À seulement 22 ans, le jeune belge semble connaître sur le bout des doigts la recette de la potion qui mène au succès. Il y guidera également sans difficultés le Spirou Charleroi en 1996 (doublé coupe-championnat) ramenant en Wallonie un trophée que la région attendait depuis 19 ans ! N’ayant plus rien à gagner dans son pays, il prend à l’intersaison la direction de Paris, pour y porter la tunique bleue du PSG Racing.

L’ÉPOPÉE PARISIENNE

Aux commandes de la section basket du Paris Saint Germain, le président Charles Biétry a esquissé tout l’été avec la plus grande application une équipe taillée sur mesure pour la réussite. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’ex-de Canal+ a mis du coeur à l’ouvrage pour élaborer son casting, puisqu’il rend une copie quasi parfaite avec l’un des plus beaux rosters de l’histoire de la Pro A:

-Aux manettes, un génie de la passe: Laurent Sciarra ;

-Un spécialiste des missions défensives: Arsène Ade Mensah ;

-Une légende hexagonale: Richard Dacoury ;

-Une star du basket français en devenir: Stéphane Risacher ;

Et pour finir, les deux plus gros “pedigrees” NBA de l’époque pour notre championnat: L’ancien Tar Heel de UNC J.R Reid (512 matchs NBA), et Sedale Threatt ex Lakers au 930 matchs NBA. Les venues des mythes européens: Jurij Zdovc et Zarko Paspalj en cours de saison viendront compléter cette pléthore. Eric trouve sans problèmes sa place au sein de cette auberge espagnole version basket. En quelques matchs, le belge monté sur ressorts devient le destinataire privilégié des caviars de Sciarra. Il forme aussi un duo détonnant dans la peinture avec le talentueux Reid et  il ne faudra pas bien longtemps pour que le “Kangourou Belge” devienne le chouchou du public de Coubertin.

Le début de saison est cependant poussif, avec un revers, d’entrée de jeu à Cholet, suivi d’un gros gadin à l’astroballe de Villeurbanne. Des l’automne, le coach Chris Singleton est remercié et remplacé par le duo Jacky Renaud-Didier Dobbels.

Il leur faudra quelques semaines  pour remettre les “Metropolitan’s” sur les bon rails, et après un match déclic en coupe d’europe face au Zalgiris Kaunas, les parisiens enchaînent les succès, tant en championnat qu’en eurocup, ou ils chutent honorablement face au REAL Madrid en demi finale. Lors des playoffs de LNB, ils éliminent en quarts le MSB, puis le champion en titre Palois après une demi finale plus que houleuse que Pierre Seillant ressasse encore,  plus de 20 ans après.

La saison suivante débute d’emblée avec une distinction pour Stru qui devient le 16 Octobre 1997, “Le premier Belge à affronter Michael Jordan”. En tant que champion de France en titre le PSG Racing a remporté le droit de marcher sur la lune et d’affronter les Chicago Bulls cuvée 1996-1997 lors de l’open Mc Donald’s, qui se déroule au POPB (Palais Omnisport de Paris Bercy).

Le match et la venue des Bulls en France est un événement qui ira bien au-delà du microcosme monde du basket. Des plateaux de Nulle Part Ailleurs aux multiples unes des quotidiens Jordan, son béret et ses “Incredibulls” sont partout.

Stru au duel face à Michael Jordan lors de l’open Mc Donald’s 1997 (Crédit photo Isosport)

Ce match qui introduira 23 ans plus tard le documentaire “The last dance” se jouera devant tout un parterre de célébrités. Du premier ministre de l’époque Lionel Jospin au jeune Joakim Noah (12 ans)  future star de la franchise de l’Illinois. Accrocheurs, Stru (20 rebonds) et les parisiens tiennent tête à Jordan (28Pts 7rbds 6pds) et  aux doubles champions NBA et ne s’inclinent que de 7 points, dans un match qui restera pour toujours dans l’histoire du basket Parisien.

Bien lancés pour la saison, avec le “sorcier” Bozidar Maljkovic à la baguette le PSG Racing découvre l’Euroleague et y décroche quelques jolies victoires contre le Cibona, L’AEK Athènes ou encore l’ALBA Berlin.

Mais fort malheureusement, ces jolis débuts ne dureront pas, Struelens et les siens enchainent les désillusions les semaines suivantes: Une élimination par Golbey Epinal (Pro B) en coupe de France, puis une seconde en Euroleague face au Barça (ponctuée par la perte définitive de Richard Dacoury qui s’y rompra le tendon d’Achille, ce qui mettra un terme à sa grande carrière). 

Le coup de pompe et la malchance seront de longue durée. Englués dans un cercle vicieux et visqueux, le PSG perd Dejan Koturovic sur blessure, dont les mains en or et la technique “Made in Jugoslavija” formaient,  avec le jump de notre “Marsu” l’un des rare rayons de soleil de cette saison 97-98. L’aventure s’arrêtera dès les quarts de finales face au CSP Limoges. Cette élimination sonnera le glas pour l’effectif du PSG, qui repartira d’une quasi page blanche la saison d’après. Laissant à un  certain Tony Parker,  jeune espoir arrivant de l’INSEP, la possibilité d’amorcer son explosion. 

Struelens, qui a montré son talent à toute l’Europe s’en va écrire un nouveau tome de sa carrière du côté du grand Real Madrid. C’est désormais le dragster Dimitri « Doum » Lauwers qui représentera avec brio la Belgique dans le championnat hexagonal.

LE COEUR MERENGUE

C’est lors de la saison 1998/1999 que Stru découvre le “baloncesto” en Liga ACB, qui est assurément ce qui se fait de meilleur sur le vieux continent. Sa première saison sera, sur le plan statistique la plus prolifique avec le Real.

Avec 12,5pts et 7,9 rebonds par match, Eric se montre précieux et son duo avec l’ancien Bisontin Tanoka Beard, qui est un peu son “frère jumeau Américain”, fait des étincelles. La connexion Bruxelles-Baltimore dézinguera une bonne partie des arceaux de l’ACB. Le pistolero Alberto Herreros s’occupant lui d’incendier les filets par une adresse longue distance insolente. 

Les hommes en blanc finissent à la deuxième place, au terme de la saison régulière, à égalité de points avec le Barça (premier grâce au goal average). . En playoffs, les Madrilènes disposent facilement de Fuenlabrada et jouent la demi finale face au Caja San Fernando (actuel Bétis Séville) la très grosse sensation de la saison, auteurs d’une remarquable 3ème place lors de la première phase. Portés par un André Turner remarquable, le petit poucet est euphorique et la maison blanche s’écroule,(3-1). Contre toute attente, ce sont bien les Sévillans qui iront défier le Barça en finale, (sans succès).

Avec le maillot du Real Madrid (Crédit Photo Endesa basketballlover.com)

La saison d’après sonnera l’heure de la revanche pour Struelens et ses Merengues. Renforcés par l’arrivée de Sacha Djordjevic à la mène, et de Sergio Scariolo sur le banc, il finissent le championnat second, juste derrière Barcelone. Le quart de finale face à Canarias ne sera qu’une simple formalité et après s’être fait peur en demi face aux voisins de l’Estudiantes, le Real affronte en finale son ennemi de toujours.

Se rendant coups pour coups lors des premières rencontres, c’est un cinquième match décisif en Catalogne qui devra départager les deux formations. Solide, le Real s’imposera 82-73.

C’est au coup de sifflet final de cette rencontre que se jouera l’une des scènes les plus cocasses de l’histoire de la Liga Espagnole: Non renouvelé et laissé libre la saison précédente par Barcelone qui lui préfère l’américain Anthony Goldwire, Sacha Djordjevic a viré de bord et s’est retrouvé, un peu malgré lui, obligé d’aller exporter son talent chez les merengues. Quelle plus belle revanche alors pour lui que de remporter le titre sur le terrain du club qui ne lui a pas fait confiance? Euphorique donc, c’est du rond central du Palau Blaugrana qu’ Aleksandar lève les bras au ciel au bon souvenir des dirigeants qui l’ont snobé quelques mois auparavant. Furieux devant un tel manque de respect, Nacho Rodriguez, (aujourd’hui directeur sportif du Barça), fonce sur Djordevic et lui extorque d’aller se cacher pour exhiber sa joie! Culte.

Le Barcelonais Nacho Rodriguez qui ordonne à Aleksandar Djordjevic d’aller célébrer le titre ailleurs. (Crédit photo: Mundo Desportivo)

Struelens jouera deux saison supplémentaires au Real, mais ce titre sera le seul en Espagne, il restera comme le plus beau souvenir de sa carrière comme il le déclare en 2013: 

“Les années passées en Espagne sont les plus belles de ma carrière, et celles où le niveau de compétition était le plus fort”.

En 2002-2003, il quitte le Real pour Gérone, ou selon les plans, il doit avoir un rôle moins défensif et être plus utilisé en attaque. Même si son rendement statistique est très bon (12,9pts 7,2 rbds), la mayonnaise ne prend pas réellement avec son coach Edu Torres et les résultats ne viennent pas. A l’issue de sa seconde saison, il décide de rentrer dans son pays d’origine. Avant son départ, il clame une dernière fois son amour pour le Real au quotidien espagnol AS:

 “Je laisse beaucoup d’amis en Espagne, j’ai très bien vécu ici, je rentre en belgique avec le coeur blanc”.

LE RETOUR AU NID

Avant le retour au bercail, l’ex Madrilène fait une petite pige en Grèce, où il passe 3 mois à Panellonios. Mais trop loin des siens il décide de reprendre définitivement la route de son plat pays. Il y prépare tout doucement son après carrière, tout en continuant à atomiser les arceaux belges pendant 5 ans avec deux clubs Bruxellois, le Royal Atomia, puis l’excelsior, le club de sa jeunesse.

Aujourd’hui, il est installé à Braine l’Alleud, une commune située entre Charleroi et Bruxelles où il profite de la douceur de vie et de toutes les bonnes choses de la Wallonie. 

Après avoir passé des diplômes de logistique, Stru est, un peu comme lorsqu’il était joueur, un homme multi-fonctions. Il dirige avec son épouse un grand magasin de sport, mais garde également un pied dans le monde de la balle orange. Il officie, pour garder la forme, dans différents championnat amateurs Belges. (Au grand dam des joueurs “lambdas” contraints de défendre sur lui chaque week-end).

Eric Struelens, qui vit désormais dans sa Wallonie natale. (Crédit Photo: Parlons Basket)

Il a également il y a peu, été assistant coach et entraîneur en charge du secteur intérieur pour le BCM Gravelines. Avide de transmettre les connaissances qui lui ont fait soulever de prestigieux trophées à travers l’Europe, le plus grand joueur belge de tous les temps souhaite désormais se tourner entièrement vers le coaching. Il n’est donc pas exclu d’apercevoir très prochainement et régulièrement dans nos contrées cet oiseau rare.

SON PALMARES

  • Champion d’Espagne 2000 (REAL Madrid)
  • Champion de France 1997 (PSG Racing)
  • Champion de Belgique 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994 (Malines)
  • Champion de Belgique 1996 (Spirou Charleroi)
  • Vainqueur de la coupe de Belgique 1990, 1993, 1994 (Malines)
  • Vainqueur de la coupe de Belgique 1996 (Spirou Charleroi)
  • MVP du Championnat Belge 1991 et 1992
  • Rookie of the year du championnat Belge 1989

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