Breaking News

Le temps-mort de Francis Jordane – La ligne à 3-points, le shoot gagnant du futur

Témoignage

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Grande figure du coaching français, Francis Jordane, notre consultant de luxe, a été le grand témoin de l’instauration de la ligne à trois-points en 1984 dans le basket FIBA. Une expérience qu’il a souhaité vous faire partager. Témoignage. 

L’historiographie relative à la règle du « Tir à 3-points » au basket a été largement décrite, commentée et diffusée par les différents organismes de presse et médias spécialisés depuis son officialisation suite à la fusion entre les deux puissantes ligues professionnelles Américaines de l’ABA et de la NBA en 1976 et intégrée solennellement dans le championnat US en 1979.

J’évoquerai surtout les faits marquants ainsi que les causalités stratégiques qui ont jalonné l’évolution de cette utilisation des tirs à grande distance valorisant ainsi le panier réussi à 3-points au lieu de deux.

PRÉAMBULE HISTORIQUE

Mais pour comprendre « l’éclosion » de cette nouvelle règle dans le code du jeu de basket, il faut remonter le temps, celui de la création de « la balle au panier » par le Docteur James Naismith en 1891. Durant cette période initiatique, les équipes attaquaient en se rapprochant au maximum de « la cible » pour réussir leur lancer de balle dans ce panier de pêche devenu par la suite un cercle métallique auquel était accroché un filet d’abord fermé, puis ouvert pour faciliter le passage du ballon. La tentative de tir n’était pas du tout évidente car les les techniciens de l’époque essayaient en vain d’affiner une gestuelle adaptée de manière à garantir une probable régularité dans « l’adresse de près ».

Les différentes lignes à 3-points

On assistait à des phases offensives ponctuées par des shoots proches du panier avec un taux de réussite »anémié » finalisé par des scores étriqués au terme des rencontres. Dans ce contexte particulier, les grands joueurs grâce à leur taille élevée possédaient un avantage substantiel face aux adversaires. D’ailleurs l’espace d’évolution leur était favorable car la zone restrictive « des violations des trois secondes » était comparable à la forme « d’un culot de bouteille incurvé », permettant une domination manifeste des grands gabarits dans un espace exigu et plus particulièrement lors de l’exécution « de tirs de coup-francs ».

Afin de donner une chance équitable à l’ensemble des protagonistes actifs sur le terrain, il fut décidé d’élargir les couloirs parallèles de la zone des lancer-francs. Mais l’envergure des « grandis » leur permettaient toujours de se prévaloir dans l’espace aérien aussi bien dans les phases de rebonds que dans les shoots intérieurs dont le « lay-up » et le « bras roulé qui étaient surtout usités. On notait surtout à ce moment là, un nombre de tentatives plus importantes dans le secteur intérieur qu’à la périphérie du terrain !

DÉSENCLAVER L’ARCHITECTURE DU JEU

C’est dans ce contexte plutôt « rigoriste et confiné » que Herman Sayger, coach dans un collège d’Indiana expérimenta en 1933 le marquage au sol d’une ligne distante de 6,33 mètres du cercle au delà de laquelle un tir réussi était comptabilisé à trois-points afin de désenclaver l’architecture tactique du jeu plus ou moins stéréotypé ! Cette nouvelle disposition légitimée par les hautes instances fut appliquée dans la compétition universitaire en 1945 avec des prémices encourageants pour une éventuelle pérennisation.

Contrairement en Europe et en France, les coachs universitaires Américains ont été, et sont toujours les plus influents dans les modifications des règles du Basket-Ball et conservent encore une autorité morale approuvée et « respectée » au sein de la célèbre NCAA, véritable institution qui gère et coordonne les championnats d’élite des grandes universités.

Il faudra ainsi attendre que l’éphémère ligue professionnelle de l’ABA (American Basket Association) l’intègre dans sa propre compétition au cours des saisons sportives 1967 et 68. La NBA (National Basket Association), alors concurrente mais plus imposante, décida de s’associer avec l’ABA sous l’unique bannière siglée « NBA et adopte cette nouvelle stipulation- novatrice de la ligne à 3-points avec l’approbation du College des entraîneurs au grand ravissement des joueurs.

Toujours est-il que les deux groupements « Pros » fusionnèrent en 1979 prenant fait et cause pour l’adoption de l’avenant au code du jeu. Cette mesure légitime, inscrite dans le règlement a progressivement modifié les formes tactiques collectives qui devenaient plus attractives, spectaculaires, avec l’obligation de pratiquer la défense à homme. Le tempo offensif était maintenu grâce à un basket de relance à travers les contre-attaques et le jeu de transition au terme duquel la prise de shoot extérieure à 3-points était envisageable du fait de l’inorganisation temporelle de la défense mobilisée par le contrôle des joueurs intérieurs dans l’axe central pénétrant.

DANGER TERRITORIAL OFFENSIF PLUS HOMOGÈNE

Avec cette nouvelle « arme à main nue », on assistait à un recadrage défensif des joueurs extérieurs qui fixaient l’espace éloigné du panier, car à tout moment un « Tir triplé » pouvait être sélectionné et concrétisé ! Ce qui fragilisait la problématique du rapport de force défensif, notamment dans les manifestations d’aides immédiates sur les joueurs Pivots, et réveillait une répartition territoriale plus homogène du « danger offensif ».

Stephen Curry @ NBAE – Getty Images

Cette disposition réglementaire du shoot « à longue portée » a changé sensiblement les stratégies mises en place développés par les coaches en cours de saison, et ce shoot gratifiant a pour effet d’optimiser le capital score des équipes et ne concernent que les joueurs de champs. En effet, l’accentuation des « tirs primés » était dévolue également aux joueurs postes 4 et 5, qui dans le cadre de la permutation des rôles positionnés demandait toute leur habilité dans ce registre technique qu’ils affectionnaient particulièrement.

Quelques exemples significatifs et concrets de joueurs connus dans ce type de profil polyvalent comme Dirk Nowitzki (2,13 m) aussi adroit de très loin que de près, Ante Tomic (2,18 m) et Nikola Mirotic (2,08 m), qui illustrent remarquablement cette transformation des étendues didactiques de variabilité des tirs dans le basket de très haut niveau en perpétuelle mutation.

LE SHOOT-CORNER A TROIS-POINTS

L’innovation récente est focalisée actuellement dans la recherche du « Tir-corner à trois-points », souvent évoqué par les journalistes et commentateurs sportifs comme étant le shoot le plus convoité qui confirme l’importance croissante de cet acte technique, car la surface restreinte d’évolution (« coin du terrain ») n’était pas contrôlée par les défenseurs en raison de fixations successives s’insinuant dans l’axe profond, libérant ainsi l’éventualité d’un shoot réalisé dans des conditions confortables d’aisance et d’exécution.

Quelques statistiques qui corrobore,t ces nouvelles tendances offensives pratiquées par les équipes de la NBA :

45% de points marqués depuis le « corner à trois-points », 34.9% dans le secteur de l’ailier et 38% en tête de « raquette » au delà des 7,23 mètres (6,75 mètres pour les compétitions FIBA et 6,33 mètres pour les universitaires de la NCAA). Et pourtant, le Basket de nos jours n’est pas un jeu des quatre coins, mais bien l’avènement futuriste des « Shoots à trois-points ».

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Francis Jordane (10 Articles)
Ancien sélectionneur de l'équipe de France. Educateur, formateur et surtout un vrai passionné

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.