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1986, URSS vs Yougoslavie – Une minute de folie !

Coupe du monde

Montage Une : Aurélien Sohard pour Basket Rétro

L’histoire du basket recèle bon nombre de scénarios improbables, que seul ce sport peut livrer. Celui de la demi-finale de la Coupe du monde entre l’URSS et la Yougoslavie à Madrid le 17 juillet 1986 est un pur régal. Tout semblait joué quand, soudain…

La tension est forte cet après-midi-là. Le Mundobasket espagnols a accouché d’une demi-finale entre les « deux meilleurs ennemis », nations aujourd’hui disparues de l’échiquier géopolitique. Cet été-là, l’URSS suscite un fort capital de sympathie auprès du public espagnol grâce à ses jeunes pousses, notamment Arvydas Sabonis, Valery Tikhonenko âgés de 21 ans. En face, le génie extraverti, arrogant et irritant de Drazen Petrovic s’est doublé d’une réputation sulfureuse : les journaux espagnols font état d’une accusation d’agression sexuelle commise à Tenerife sur une hôtesse par quatre joueurs yougoslaves, dont Petrovic. Le joueur du Cibona Zagreb se sait par ailleurs supervisé par les scouts américains, venus en nombre. Il ne fait pas semblant.

Drazen Petrovic, génial mais arrogant devant les scouts de la NBA.

Autant dire que d’emblée le Palacio de Deportes choisit son camp. Et rugit de dépit, lorsqu’un panier de l’aile droite de Zoran Cutura sur passe de Drazen Petrovic porte l’avance des Yougoslaves à neuf longueurs : 76-85. Les remplaçants sont debout, jubilent. Petrovic, à grands gestes, excite le public.

Il reste 1’10 secondes à jouer.

Le match semble plié. Mais les Soviétiques ne renoncent pas. Sur l’attaque suivante, Sabonis, face au panier, du sommet de la raquette, arme et tire. La balle ricoche sur le plexi et rentre dans le cercle : 79-85.

Il reste 41 secondes à jouer.

Faute yougoslave sur la remise. Remise en jeu au centre. Petrovic gèle la balle. Valdemaras Khomitchus fait faute sur Petrovic. Temps mort. Kresimic Cosic, le géant devenu coach, tente de calmer ses ouailles survoltées.

Il reste 35 secondes.

On reprend. Sur la remise, Zoran Radovic ne résiste pas au pressing et perd la balle. Tikhonenko la récupère et tire aussitôt de loin dans le corner gauche. Et marque : 82-85. Le public madrilène hurle de joie. Tout redevient possible.

Il reste 26 secondes.

Petrovic gèle la balle, les Yougoslaves jouent la montre. A chaque faute, ils prennent l’option de remettre en jeu au milieu du terrain comme l’autorise le règlement, plutôt que de tenter le 1+1 (on a le droit au second que si l’on marque le premier LF). Khomitchus sort pour cinq fautes. Sur une nouvelle remise au milieu, la balle échoue vers Vlade Divac. Le jeune géant tente de dribbler, maladroitement. Il est pressé de toutes parts et, encerclé, commet une reprise de dribble ! Le public est en délire, Cosic gesticule en pure perte.

Valdis Valters égalise à 7 secondes de la fin.

Il reste 7 secondes.

Balle aux Soviétiques. Passe à Valdis Valters qui dribble rapidement vers la gauche et se lève à mi-distance : panier et égalise : 85-85. Un dernier tir désespéré des Soviétiques n’y changera plus rien. Prolongation. En trois paniers pour trois flèches, les Rouges sont revenus de l’enfer. Ils se congratulent, comme s’ils avaient gagné. Les Blancs, penauds, se désolent, comme s’ils avaient perdu. De honte, Vlade Divac porte ses mains sur la figure. Il se fait incendier par un remplaçant avant que ses autres coéquipiers le consolent. Il vit un cauchemar. Car la série n’est pas finie. Il reste sur le terrain. Il a beau marquer en prolongation, redonnant l’avantage à son équipe, il rate le lancer bonus. Et, surtout, il commet sa cinquième faute en défendant sur Sabonis (25 points) qui, lui, convertit ses deux lancers en réparation : 90-90, 90-91.

Ce sera le score final, figé alors qu’il restait 1’20 à jouer.

Aryidas Sabonis, impressionnant de maitrise à 21 ans.

L’URSS se hisse en finale, le public madrilène est en liesse, laissant les Yougoslaves et Petrovic (29 points), pantois, à quai.

Deux jours plus tard, une équipe de jeunes universitaires américains emmenée par David Robinson (US Navy), Sean Elliott, Steve Kerr (Wildcats Arizona), tous futurs Spurs et Tyrone Muggsy Bogues (1,59m, Demon Deacons Wake Forest)) et dirigée par Lute Olson l’emportent en finale (87-85). Les Soviétiques avaient laissé beaucoup de gomme en demi-finale…

Drazen Petrovic (Yougoslavie), Oscar Schmidt (Brésil), Valéry Tikhonenko, Arvidas Sabonis (URSS) et David Robinson (Etats-Unis) sont nommés dans le Cinq All Star.

Quant à Vlade Divac, qui est, à 18 ans, le plus jeune joueur de la compétition, il aura l’occasion de se reprendre…

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About Dominique WENDLING (31 Articles)
Ancien journaliste, joueur, entraîneur, dirigeant, président de club. Co-auteur, avec Jean-Claude Frey, de "Plus près des étoiles", le livre paru fin 2018 sur les 90 ans de la SIG Strasbourg.

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