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[Portrait] Les 7 vies de Dave DeBusschere

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Dave DeBusschere, une double initiale qui en dit long sur son portrait : un D comme Défense, comme Détermination et comme Detroit bien entendu, la ville où tout a commencé pour lui. De ses succès au collège à ses titres de champion avec les Knicks en passant par le baseball, plongée dans la vie d’un sportif hors normes aux multiples facettes.

STAR A L’ECOLE ET A LA FAC

Issu de parents fervents catholiques à Detroit, le jeune Dave DeBusschere voit sa route toute tracée jusqu’au lycée. En 1955, il intègre l’Ecole Préparatoire d’Austin, le fleuron catholique du Michigan en matière d’éducation. Avec sept bouches à nourrir, son père, un modeste distributeur de bière, fait les sacrifices nécessaires pour offrir le meilleur environnement à son fils. Et les valeurs familiales, le don de soi et l’éthique du travail, Dave va les appliquer dans le sport. Stakhanoviste des parquets, DeBusschere se fait rapidement un nom au sein de l’équipe au point d’être surnommé Big Dave. Athlète incroyable, il est nommé à deux reprises dans la All-State Team. L’engouement des fans est à la hauteur de son talent : Dave est à l’origine de la White Shirted Legion qui voulait que les fans d’Austin portent des chemises blanches afin d’être facilement identifiés dans les tribunes. En 1958, pour sa dernière année à Austin, DeBusschere mène l’équipe jusqu’à la finale du titre d’état de classe A. L’affrontement contre Benton Harbor High School drivé par l’autre star locale Chet Walker (futur All Star NBA) est l’événement basketballistique de l’année à Detroit. 12.290 fans se massent dans le Jenison Fieldhouse pour assister à un bras de fer dantesque : 32 points pour DeBusschere et 25 pour Walker. Sorti pour six fautes au milieu du 4ème QT alors que les siens menaient de 10 points, Big Dave ne peut qu’exhorter ses coéquipiers depuis le banc – un rôle prémonitoire de sa carrière pro. Sans trembler aux lancers francs, Austin résiste au run des Tigers et l’emporte 71-68. Debusschere peut savourer son premier titre au terme d’un parcours sans faute : 23 victoires pour aucune défaite.

Dave-Debusschere-Austin

Quelques années plus tard, son adversaire d’un soir, Chet Walker se souvient :

« Dave pouvait prendre des jump shoots de 6 à 8 mètres et vous tuer. Il a été le premier big man que j’ai affronté qui pouvait tirer aussi bien extérieur. Nous ne pouvions pas l’arrêter. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai senti l’importance de cette rencontre. Je rencontrais des gens issus d’autres parties de l’Etat qui me disaient qu’ils étaient au match et qu’ils avaient été impressionnés par le niveau de jeu. »

Un tel triomphe au lycée lui ouvre la porte des plus grandes facs du pays. Mais, Dave choisit de rester fidèle à sa ville natale et s’engage avec les Detroit Mercy Titans. Trois saisons NCAA, 80 matchs au total pour des moyennes qui affolent les compteurs : 24.8 points et 19.4 rebonds, deux records qui tiennent toujours pour cette université, de même que ses 39 rebonds cueillis contre Central Michigan en 1960 ! De 44% de victoires en 1959, les Titans passent à 74% avec l’arrivée de Big Dave. Toutefois, faute de soutien à ses côtés, DeBusschere cale à deux reprises au tournoi NIT avant de qualifier la fac pour la première fois de son Histoire au tournoi NCAA en 1962… juste le temps de se faire sortir par Western Kentucky au premier tour.

AUSSI FORT AU BASEBALL QU’AU BASKET ?

Dave-Debusschere-WhiteSoxParallèlement à ses prouesses avec la balle orange, Dave Debusschere fait également des étincelles au baseball en tant que lanceur. Toujours chez les Titans, il se place à la 4ème position alltime avec une moyenne ERA (Earned Run Average, une statistique qui évalue la qualité des lanceurs) de 2,20. Des qualités qui tapent dans l’oeil des scouts locaux des Tigers, l’équipe professionnelle de MLB de Detroit. Toutefois, la franchise met un veto à son recrutement : DeBusschere doit renoncer à la pratique du basket. Une condition qui ne passe pas chez le jeune athlète. Par conséquent, en 1962, il s’engage en tant qu’agent libre avec les White Sox de Chicago pour 75.000 dollars, une équipe moins regardante sur ses autres activités. La saison de baseball se déroulant d’avril en octobre, Dave peut jongler avec les deux sports. Pour sa première année en MLB, il est titularisé lors de 14 matchs et réussit à retirer 93 frappeurs en 94 manches avec une moyenne ERA de 2.49. Re-belote en 1963 où cette fois il atteint une moyenne de 3,09. L’année suivante, il évolue toujours chez les White Sox mais dans le Championnat Triple A qui regroupe dix équipes de l’Est du pays. Chicago termine à la troisième place de la Ligue avec un DeBusschere au pic de sa carrière (3,93 de moyenne). Le lanceur des Sox justifie complètement son profil rédigé par les scouts à sa sortie de fac :

« Grand et fort capable de lancer la balle avec une courbe bien meilleure que la moyenne. Une fois qu’il apprendra à se contrôler, il sera un très bon lanceur professionnel. Une star pluridisciplinaire avec beaucoup d’équilibre. »

A 24 ans, Dave est une effectivement une star reconnue dans deux sports majeurs aux USA. Mais, faire la navette entre la batte et les parquets sans période de répit est utopiste. Il va devoir faire un choix, d’autant que la NBA lui fait aussi des appels du pied. 1965 sera sa dernière année en tant que lanceur. Chicago connait un bilan plus mitigé (15 victoires-12 défaites) et son impact baisse quelque peu : 3,65 de points mérités en moyenne. Devant les préparations physiques spécifiques que demandent ces deux sports, Dave prend la décision d’arrêter définitivement le baseball en septembre. Désormais, il mettra toute son énergie au basket pour le plus grand bonheur… des Pistons !

DES DEBUTS PROMETTEURS A DETROIT

dave-debusschere-pistonsRetour à la balle orange pour ce nouveau chapitre avec un petit retour en arrière. Pur produit de l’université de Detroit, DeBusschere ne va pas avoir à déménager pour son passage en NBA. Entre 1950 et 1965, la Ligue a mis en place des Territorial Picks lors des drafts. Avant le déroulement classique par ordre de classement, une franchise a la possibilité de retenir un joueur formé localement dans un rayon de 80 kms. Le but : populariser la NBA auprès des fans universitaires qui peuvent, de ce fait, continuer à suivre leur star préférée. C’est ainsi que pour la promotion 1962, les Royals retiennent l’intérieur Jerry Lucas et les Pistons mettent la main sur Dave DeBusschere. Utilisé au poste d’ailier, le rookie intègre directement le 5 majeur et fait valoir sa polyvalence : à l’aise balle en main, capable de shooter dans le périmètre, c’est surtout son énergie sous les panneaux qui le caractérise. Une défense opiniâtre sur les extérieurs comme sur les intérieurs qui lui vaut le nouveau surnom de Big D. Avec une ligne de stats déjà bien fournie – 12.7 points, 8.7 rebonds et 2.6 assists – il est nommé dans la All-Rookie Team. Alors que certains jeunes se heurtent au rookie wall dans la seconde partie de saison, Dave lui monte petit à petit en pression. Sur le dernier mois, il tourne à 20.7 points et 8.1 rebonds pour mener les Pistons à un strapontin en playoffs. Une place gagnée in extremis malgré un bilan négatif (34-46) qui se termine en gifle reçue au premier tour face aux Hawks (3-1). Qu’importe Big D a tenu son rang avec 20 points et 15.8 rebonds sur cette campagne et une performance XXL lors de sa première victoire en post-season : 23 points et 26 rebonds sur le Game 3. La suite sera malheureusement moins glorieuse. En 1963, DeBusschere se fracture la jambe au bout de seulement 15 matches et ne reviendra pas. Il n’est que spectateur d’une saison cata pour Detroit avec 23 petites victoires. Une page va devoir se tourner.

LE PLUS JEUNE COACH DE L’HISTOIRE

Depuis le déménagement des Pistons à Detroit en 1957, la franchise n’a pas enclenché la première avec aucun bilan positif à son actif. Et ce n’est pas la saison 1964 qui change la donne. Au bout de 9 défaites en 11 matches, le coach Charles Wolf est remercié. Entraîneur austère et autoritaire, il n’a jamais réussi à trouver une alchimie dans le groupe. Le pivot de l’époque Reggie Harding se souvient :

« Les séances d’entraînement se composaient de pompes, de séries d’abdominaux et de longs monologues. Nous devions lever la main si nous voulions aller aux toilettes. Et pendant les matches, un tir raté ou une mauvaise passe signifiait un voyage sur le banc. »

Une sinistrose qui pousse le propriétaire Fred Zollner à donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Après le renvoi de Wolf, il nomme Don Wattrick en tant que general manager. Ce dernier prend immédiatement l’avion pour Philadelphie où se trouve l’équipe et déjeune avec Dave DeBusschere. L’objet du repas : lui proposer de coacher les Pistons ! Un immense défi que Big D accepte de relever. A 24 ans, il devient le plus jeune coach de l’Histoire de la NBA. Une proposition qui a deux objectifs pour Wattrick : provoquer un engouement populaire autour des Pistons en mettant à leur tête un natif de la ville et faire lâcher à Dave le maillot des White Sox. Mission réussie dans un premier temps car avec cette double casquette, DeBusschere abandonne le baseball et les habitants de Detroit se passionnent pour la success story du Grand Dave. Mais, c’est l’annonce au reste de l’équipe qui reste le plus spectaculaire. Libéré du joug de Charles Wolf, les joueurs sautent littéralement au plafond, comme le meneur vétéran Donnie Butcher :

« J’ai traversé de joie tout le terrain et j’ai même dunké. Cela faisait cinq ans que je n’avais plus touché l’arceau ! »

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L’euphorie dure une vingtaine de jours avec 5 victoires en 7 matches. Novice du coaching, DeBusschere improvise entre le banc et son propre jeu sur le terrain. Il va même jusqu’à jouer ses airs d’harmonica favoris lors de certains entraînements pour détendre ses coéquipiers. Une technique qui a sans doute fonctionné sur Reggie Harding, ce dernier s’étant endormi trois fois pendant des trainings puis raté l’avion du match contre Baltimore. Le professionnalisme du pivot des Pistons est à l’image du niveau de l’équipe… médiocre ! Les top scoreurs de l’époque, Ray Scott et Eddie Miles, ne sont pas des foudres de guerre. Les résultats plafonnent : 31 victoires en 1965, 22 en 1966 et 30 en 1967. Sur ces trois saisons, Big D tourne en double double et gagne ses premières étoiles de All Star, mais laisse beaucoup trop de gomme dans le coaching. Sur la jante en mars 1967, les Pistons le délivrent à huit matches de la fin en nommant son ancien coéquipier Donnie Butcher pour lui succéder sur le banc. Dave laisse derrière lui un bilan peu flatteur de 79 victoires pour 143 défaites. Libéré de ce fardeau, DeBusschere livre sa meilleure production la saison suivante : 17.9 points à 44,2% et 13.5 rebonds. Il témoigne :

« Cela a vraiment été un soulagement pour moi que d’abandonner le coaching. Maintenant, je réalise que je n’étais pas en mesure de tout contrôler. A partir du moment où je n’ai eu à me préoccuper que de moi, j’ai fait ma meilleure saison. Je marquais plus de points, je prenais plus de rebonds, je défendais mieux, je faisais tout mieux. »

Bien aidé par le jeune sophomore Dave Bing (27.1 points et 6.4 passes), Big D porte Motor City au meilleur bilan de sa jeune Histoire avec 40 victoires pour 42 défaites. Au premier tour des playoffs, le monstre Celtic est trop fort pour les Pistons qui arrivent toutefois à prendre 2 matches au futur champion. Une nouvelle fois, DeBusschere est irréprochable sur cette campagne : 19.3 points et 16.2 rebonds. De tels chiffres attisent forcément la convoitise. L’arrivée d’un nouveau coach en décembre 1968, Paul Seymour, change la donne. Seulement 7 matches après sa nomination, il enclenche un nouveau plan avec le transfert de Dave DeBusschere à New York contre le pivot Walt Bellamy et le meneur Howard Komives. A 28 ans et pour la première fois de sa carrière, Big D va exporter ses talents en dehors de la ville de Detroit.

LES KNICKS, UNE EQUIPE FAITE POUR LUI

Depuis plusieurs saisons déjà, les Knicks font des appels du pied à DeBusschere. L’équipe coachée par le stratège Red Holzman est ambitieuse et perçoit l’ex Piston comme le chaînon manquant. Pour Holzman, la doublette intérieure Willis Reed-Walt Bellamy se marche sur les pieds. Le départ du second a donc pour effet de recadrer Reed en véritable poste 5. A ses côtés, Big D doit devenir la caution défensive de NY, la véritable marque de fabrique de cette équipe. En plein dans son prime, ce trade est salvateur pour lui qui avait besoin de changer d’environnement. Deux jours après avoir quitté Detroit, il fait ses grands débuts sous le maillot des Knicks… contre les Pistons. Un hasard du calendrier qui ne l’affecte pas à la vue de sa feuille de stats : 21 points, 15 rebonds, 6 passes pour une victoire de 48 points contre son ancienne franchise ! Des débuts tonitruants qui lancent la saison de Big Apple. Les Knicks passent d’un bilan de 18 victoires-17 défaites à une copie de 36-11 avec l’arrivée de DeBusschere. Le plan de Holzman fonctionne à merveille, Dave est le liant défensif qui complète la traction Willis Reed-Walt Frazier. Et comme son sens du sacrifice ne l’empêche pas de scorer sa quinzaine de points par soir, New York s’inscrit dans les contenders pour le titre.

dave-debusschere-vs-lakersEliminés en Finale de Conférence par les Celtics en 1969, les Knicks reviennent le couteau entre les dents la saison suivante avec 60 victoires, soit le meilleur bilan de l’Histoire de la franchise ! Leader de saison régulière, New York est l’ogre des playoffs. En demi-finale, l’obstacle des Bullets menés par Earl Monroe, est évité de justesse (4-3). Les 28 points de Big D sur le Game 7 ne sont pas de trop. Le duel face aux Bucks de Kareem Abdul-Jabbar en finale à l’Est est un non-événement. Big Apple croque KAJ 4 à 1 pour se diriger tranquillement vers l’une des plus belles pages des NBA Finals. Face aux Lakers d’un Jerry West intenable (31.3 points de moyenne), les Knicks déploient leur jeu de passe flamboyant et aiguise leur défense avec Dave en première lame. Dos au mur dans le Game 6, les Californiens s’en remettent aux 45 points et 27 rebonds de Wilt Chamberlain pour arracher un match décisif. Ce fameux Game 7 où Willis Reed, blessé, tient finalement sa place pour faire basculer la série dans un Madison Square Garden au bord de l’implosion. Le pivot sera élu MVP, mais dans ce premier titre conquis par les Knicks, DeBuscchere n’a pas à rougir en étant le second scoreur et meilleur rebondeur : 19.0 points et 12.6 rebonds avec en prime une défense oppressante tantôt sur Elgin Baylor tantôt sur Chamberlain. Un travail de l’ombre reconnu à sa juste valeur par son coach dans le magazine Newsday :

« Je ne savais pas qu’il était aussi bon jusqu’à ce que nous le récupérions. J’ai toujours su que c’était un joueur exceptionnel, mais pas aussi fort. C’est souvent comme cela, je suppose. Vous ne réalisez pas à quel point un mec est fort jusqu’à ce que vous le voyiez tous les soirs. Parfois, il score seulement 4 ou 6 points en 40 minutes. Les gens me demandent pourquoi tu le fais jouer aussi longtemps ? Je réponds parce qu’il fait un job de dingue au rebond et en défense pour nous. »

Après ce titre, Dave poursuite l’aventure encore quatre saisons avec les Knicks, avec des fortunes diverses. Les Bullets prennent leur revanche en 1971, puis les Lakers en 1972. L’arrivée de Earl The Pearl Monroe renforce le backcourt et Big Apple remporte un nouveau titre en 1973. Le plus gros morceau de cette campagne, les Celtics de Dave Cowens. Menés 3 à 1, les Celtics arrachent un Game 7, où la défense de DeBusschere est une nouvelle fois décisive : Les C’s n’inscrivent que 78 points dans ce match alors qu’ils tournaient à 107 sur cette série. En finale, les Lakers, balayé 4-1, ne pèsent pas lourd face à la maestria collective new-yorkaise. Big D raccroche ses baskets l’année suivante avec pourtant sa meilleure production offensive sous le maillot des Knicks : 18.1 points et 10.7 rebonds. Une saison en double double de plus, la dizième d’affilée. Une constance chez lui, tout comme son abattage en défense : les All-Defensive Teams sont instaurées en 1969 et bien sûr Dave est un abonné à la First Team, de leur création jusqu’à sa retraite !

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COMMISSIONNAIRE DE LA LIGUE ABA

Retiré des parquets, Dave DeBusschere ne s’éloigne pas de la balle orange pour autant ni de Big Apple. Dès 1974, il s’engage en tant que vice-président et general manager des New York… Nets, les grands rivaux des Knicks qui évoluent en ABA, la ligue concurrente de la NBA. Emmenés par la star montante du basket, Julius Erving, les Nets décrochent le titre suprême lors de la saison 1973-74. Cette même saison, Big D à l’occasion de croiser le fer contre Dr J lors d’un match d’exhibition 100% NY. A 33 ans, dans l’un de ses derniers matches pros, DeBusschere va empêcher Erving ne serait-ce que d’effleurer le ballon lors des trois premières minutes de la rencontre. Battu 12 à 4 dans ce mano à mano de 18 minutes, Julius attendra la sortie du vétéran des Knicks pour briller. Sur les 30 minutes suivantes, il score 23 points, prouvant à son futur dirigeant ses aptitudes offensives. Les New York Nets roulent sur cette saison 1975 mais se font sortir prématurément en playoffs. DeBusschere n’hésite pas alors à faire des changements drastiques au sein du roster avec plusieurs transferts. Des trades qui vont vite porter leurs fruits, puisque les New York Nets seront de nouveau champions en 1976.

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Entre temps, Dave a pris du grade pour devenir le Commissionnaire de la Ligue ABA. En coulisses, il œuvre pour l’un des actes fondateurs de l’ère moderne : la fusion entre la NBA et l’ABA. Des négociations enflammées et houleuses au cours desquelles les Nets notamment rejoignent la Grande Ligue. Une arrivée qui provoque une guerre de clochers avec les Knicks pour la suprématie à Big Apple. Ces derniers refusent de partager le Madison Square Garden avec les Nets. Pire le nouvel accord prévoit des frais d’empiètement qui obligent l’ex équipe d’ABA à payer la somme de 4,8 millions à leurs voisins new-yorkais. Pour honorer cette clause, les Nets n’auront pas d’autre choix que de monnayer le contrat de leur star Julius Erving aux Sixers. Après la fusion, DeBusschere fait son grand retour chez les Knicks en tant qu’assistant de Red Holzman. Un retour sur le banc qui n’est pas un succès, la reconstruction prenant du temps à New York. En 1982, Holzman jette finalement l’éponge et Dave se tourne, alors, vers les bureaux de la franchise pour devenir président des opérations basket. Sa première décision sera la nomination d’un nouveau coach, Hubie Brown. Puis, il transfère la star de l’époque Michael Ray Richardson à Golden State contre le scoreur Bernard King. Comme par hasard, les Knicks retrouvent les playoffs avec deux demi-finales consécutives. Et le meilleur reste à venir, en 1985, il obtient le premier choix de la Draft via la première lottery de l’Histoire. Même si les théories du complot vont bon train – la fameuse enveloppe froide de David Stern – DeBusschere vient de valider l’ère Patrick Ewing à Big Apple. La surprise est d’autant plus grande lorsqu’il est remercié en 1986 par la direction qui lui reproche notamment avoir trop peu de connaissances sur le fonctionnement du salary cap. A 46 ans, Dave clôture définitivement le chapitre basket.

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UNE RECONVERSION DANS L’EDITION

Comme beaucoup d’anciens sportifs, Dave DeBusschere se lance dans le monde des affaires, en guise de reconversion. Dans un premier temps, il va gérer deux restaurants – l’un à Manhattan et l’autre à Boston – et monter une agence de consulting dans l’industrie de la télévision. Les médias le passionnent et rapidement il devient le propriétaire du magazine de boxe The Ring Magazine. Quand le New York Times lui demande si son succès sportif lui ouvre des portes, Big D n’est pas dupe :

« Je ne veux pas me vanter, mais c’est un réalité. Beaucoup de gens sont intrigués de savoir ce que j’ai à proposer quand je les appelle. Cela a certains avantages. J’aimes les affaires et j’aime être créatif. Mais, c’est une question d’implication totale. Vous devez tout faire vous même, car je ne pense pas que quelqu’un viendra jusqu’à vous. J’arrive tôt au bureau et je reste tard. Je lis tous les jours les pages business des journaux. Je les lis même avant les pages sportives. »

Debusschere-theopenmanEn plus de la presse magazine, Dave se lance dans l’édition avec la sortie de son livre « The Open Man : The Championship Diary of the NY Knicks« . Un récit qui retrace l’épopée victorieuse de New York en 1970, de son transfert des Pistons jusqu’à la Finale contre les Lakers. Intronisé au Hall of Fame, maillot retiré au Madison Square Garden et à l’Université de Detroit, son parcours s’arrête brutalement en mai 2003. En pleine balade dans les rues de Manhattan, il est victime d’une crise cardiaque. Transporté à l’hôpital, il ne pourra être sauvé à temps et s’éteint à seulement 62 ans.

SES STATS NBA

Dave DeBusschere

SA CARRIERE EN IMAGES

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About mosdehuh (13 Articles)
Tombé dans la NBA au début des 90's avec Penny Hardaway. Grosse passion pour les loosers magnifiques et les shooteurs. Supporter de la Chorale de Roanne depuis 3 générations.

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