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Il était une fois le NBA Christmas Day (1947-2019)

NBA Christmas Day

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Que serait un Noël sans les lumières qui scintillent dans la rue, les magasins qui s'habillent de décorations et sans les contes de Noël. Aujourd’hui, c’est une jolie histoire qui va vous être narrée, celle du NBA Christmas Game. 

Autrefois si les hivers étaient plus rudes ce n’était pas à cause du réchauffement climatique survenu entre-temps mais parce qu’il n’y avait pas de matchs NBA à Noël à se mettre sous la dent ! Je vous parle d’un temps que les moins de 20 72ans ne peuvent pas connaître. Asseyiez-vous, prenez un chocolat chaud...

Si la NFL s’était depuis longtemps approprié Thanksgiving, et cela dès 1920, la NBA a mis beaucoup plus de temps pour avoir l’idée de créer un rendez-vous annuel entre ses fans et ses stars. Sans doute un peu par jalousie, la NBA ou plus précisément ce qui n’était dès lors que la Basketball Association of America (BAA), décida donc que le 25 décembre serait désormais un jour de matchs.

C’est ainsi que le 25 décembre 1947 se joua le premier Christmas Game opposant les New York Knicks aux Providence Steamrollers (1946-1949). A grande occasion, grande salle, à savoir le Madison Square Garden (Les knicks jouaient lors de cette saison la plupart de leurs matchs au 69th Regiment Armory building).

Victoire des Knicks : 89 à 75 !

La feuille de match du premier match de Noël.

Toutefois si généralement on considère qu’il s’agit du premier (BAA) Christmas Game, on oublie de mentionner que deux autres matchs se sont déroulés le même jour. Ceux-là opposèrent les Chicago Stags contre les Baltimore Bullets (70-87) à peine 15 minutes plus tard, et enfin les Washington Capitals rencontrèrent les St Louis Bombers (73-26).

La tradition était née, le 25 décembre aux Etats-Unis sera dès lors un jour de basket.

25 DÉCEMBRE 1949 : NBA CHRISTMAS GAMES

La saison de basket 1949-1950 aux Etats-Unis fut celle qui vit naître la NBA et comme un symbole lié à la nativité elle poursuivit le concept de jouer le jour de Noël. Ce n’était pas moins de sept matchs qui ont eu lieu en ce Noël 1949. Historiquement, ce furent les premiers NBA Christmas Game tels que l’on les connait aujourd’hui.

Sept rencontres sur une seule journée a fortiori de Noël est un nombre très important surtout en 1949 où la ligue ne comprenait que 17 franchises ! C’est le record de matchs disputés en cette occasion à ex aequo avec l’année 1971 et 1977. En comparaison, en 2019, seuls cinq matchs sont organisés pour une ligue comprenant désormais 30 franchises.

25 DÉCEMBRE 1967 : LA NAISSANCE D’UNE TRADITION NATIONALE…

20 ans après, la tradition atteint l’âge de l’adolescence, il était temps de changer et de grandir. Pour cela, la ligue vit les choses en grand et avec le partenariat de la chaîne ABC, elles décidèrent que l’événement devait devenir national. En effet, auparavant seules les chaînes locales diffusaient les matchs. Il a fallu attendre le 25 décembre 1967 pour que le premier NBA Christmas Game soit diffusé sur une antenne nationale. L’affiche était le derby californien entre les Los Angeles Lakers de Elgin Baylor face aux San Diego Rockets de John Block. Ces derniers s’octroyèrent la victoire de peu 104-101 à domicile.

…SANS QUASI-INTERRUPTION

Dès lors, les NBA Christmas Games devinrent une institution que rien ne peut empêcher… ou presque.

Saison 1998-1999, cette saison, certains diront demi-saison, fut marquée à jamais par le plus fameux et long des lockout. Ce conflit entre le syndicat des joueurs et les propriétaires des franchises s’enlisent péniblement pour ne trouver qu’un accord en 1999, première des conséquences, la saison débuta officiellement le 5 février 1999, il n’y aura donc pas de NBA Christmas Games. C’est la seule exception à cette tradition depuis 1947.

Et il s’en est fallu de peu pour que cette exception ne soit pas unique. 2011, un nouvel lockout voit le jour. Les semaines passèrent et décembre pointa le bout de son nez emmitouflé. De justesse, un accord fut finalement trouvé !

A présent, il faut trouver une date pour lancer la saison. Quoi de mieux que le 25 décembre ? Banco ! Cinq matchs sont organisés dont un mythique Celtics – Knicks et un remake de la finale NBA de la saison précédente opposant le Miami Heat aux Dallas Mavericks. Comme un symbole, le Heat emporte ce match et quelques mois plus tard soulève le trophée Larry O’Brien. Surtout, cet opener (match d’ouverture) a été marqué par un match à suspens entre les Bulls et les Lakers avec un Derrick Rose des grands soirs qui score à 4 secondes de la fin du match pour la victoire et rendre une copie plus que correcte (22 points, 5 passes) au grand dam de Kobe Bryant (28 points, 6 passes).

UNE SUCCESS STORY

La NBA est un des rares ligues à jouer, a fortiori la seule des 4 grandes ligues sportives aux Etats-Unis, le NBA Christmas Day est devenu un rendez-vous pour les américains à l’instar de la NFL pour Thanksgiving. C’est souvent à l’occasion de cet événement que les chaînes de télévisions réalisent leurs plus grosses audiences basket en saison régulière (bien plus que lors du Martin Luther King day par exemple). D’ailleurs, plus qu’un événement purement américain, c’est devenu un rendez-vous des fans de la NBA en général, ligue très portée sur l’internationalisation. Les matchs du NBA Christmas Day sont désormais retransmis dans plus de 200 pays et en 47 langues !

Devenu une vitrine de la ligue, et un véritable enjeu économique, la NBA nous gratifie d’un clip de promotion annuel comme elle sait si bien faire. Difficile d’en choisir un seul, même si celui de 2013 reste comme assez ingénieux, festif et parfaitement de saison !

LES CONVIVES DE LA FÊTE 

Sans surprise, les Knicks de New York sont la franchise la plus conviée à cette tradition avec 53 représentations et un bilan négatif de 31 défaites pour 22 victoires (chiffes 2018). Surtout, les Knicks ont la particularité d’avoir réalisé leur pire écart lors d’une défaite. Le 25 décembre 1960, face à la défunte franchise de Syracuse, ils s’inclinent sur le terrible score de 162 à 100… Les boules.

A l’inverse, deux franchises ne sont pour l’instant jamais invités aux fêtes, les Memphis Grizzlies et les Charlotte Hornets ! Quant à la poste canadienne et plus particulièrement celle des Raptors, elle n’a pour l’instant reçu le carton d’invitation que deux fois. Une première en 2001 pour une défaite face aux Knicks, et la seconde pour l’édition de 2019.

UNE TRADITION PAS TOUJOURS APPRÉCIÉ :

On peut comprendre que jouer le jour de Noël n’est pas forcément un plaisir pour les joueurs, le coach, le staff et aussi par conséquent tout le personnel des salles.

Si certaines figures de la NBA n’ont pas de problème et considèrent que c’est un honneur d’autres ont ouvertement critiqué cette tradition. Notamment, Phil Jackson qui en 2010 tenait les propos suivants :

“I don’t think anybody should play on Christmas Day. Soccer teams don’t play this time of year, they take a break. I don’t understand it…It’s like Christian holidays don’t mean anything to them anymore. We just go out and play and entertain the TV. It’s really weird.” – (Je pense que personne ne devrait jouer le jour de Noël. Les équipes de football ne jouent pas à cette période de l’année, elles font une pause. Je ne comprends pas… C’est comme si les fêtes chrétiennes ne signifiaient plus rien pour eux. Nous sortons juste pour jouer et divertir la télévision. C’est vraiment bizarre ».)

Un an auparavant, Stan Van Gundy, à l’époque coach du Magic de Orlando avait lâché la fracassante déclaration :

« I actually feel sorry for people who have nothing to do on Christmas Day other than watch an NBA game. I think we get a little carried away with ourselves with sports thinking we’re more important than everything else. – (En fait, je suis désolé pour les gens qui n’ont rien d’autre à faire le jour de Noël que de regarder un match de la NBA », a-t-il déclaré. « Je pense que nous nous emballons un peu avec le sport en pensant que nous sommes plus importants que tout le reste. »)

La ligue américaine et son commissionner n’ont que très peu apprécié la sortie, et Coach Van Gundy a eu le droit à une jolie amende. Dès lors, si la aigreurs subsistent, elles se font plus discrètes.

Sans doute pour calmer le jeu, la NBA laisse libre la journée du 24 décembre pour permettre de profiter de cette trêve.

Palme de l’élégance à Red Auerbach, la légende des Celtics qui autrefois demandait à la ligue de toujours faire jouer les Celtics à l’extérieur et  non au TD Garden pour que les employés de la salle puissent profiter du jour de congé en famille.

DES HOMMES ET DES RECORDS :

La NBA aime les chiffres, les statistiques et les records, alors voici une petite liste de records réalisés lors du NBA Christmas Day au fil du temps.

Points marqués : 60 points par Bernard King (Knicks) en 1984 contre les voisins du New Jersey.

Rebonds marqués : 36 rebonds par Wilt Chamberlain en 1961 (Warriors) contre New York (double prolongation. Hors, prolongation, il partage le record avec Bill Russell pour un total de 34 rebonds.

Passes décisives : 18 ex-aequo, Nate Archibald et Guy Rodgers. Le premier en 1972 sous le maillot de Kansas City-Omaha contre Milwaukee. Le second avec Chicago, en 1966 contre New York.

MERRY FUCKING CHRITMAS

L’histoire est célèbre, Larry Bird est un maître dans l’art du trashtalking et même à Noël, il n’a pas de trêve ! Au diable les tatillons qui diront que c’était un 26 décembre… Je vous laisse lire un article maison sur l’anecdote en question.

ENTREE, PLAT … ET DESSERT !!

Tant de matchs se sont joués depuis 1947 que forcément certains matchs sont entrés dans la légende. Dur de tous les conter, impossible de les trier mais voici un petit top histoire (non-exhaustif et non classé par préférence) histoire de terminer sur une note sucrée !

1961 : Golden State Warriors – New York Knicks (135-136)

L’ère Chamberlain avec pas moins de 59 points et 36 rebonds bien aidé par une double-prolongation ne parvient néanmoins pas à triompher face aux Knicks.

1972 : Milwaukee Bucks – Sacramento Kings (104-99)

Joie de recevoir, plaisir d’offrir. Voilà comment résumer ce match de Nate Archibald qui sort une ligne de stats de 20 points et 18 passes décisives. Une fois de plus, cette performance n’a pas été récompensée par une victoire.

1984 : Brooklyn Nets – New York Knicks (102-114)

Le soir du King, Bernard King, 60 points, record ultime pour un match de Noël.

1985 : Boston Celtics – New York Knicks (104-113)

25 points de retard pour les Knicks. Pas de problème pour Patrick Ewing qui remonte ses camarades et oblige les Celtics à jouer une double-prolongation. Les Knicks s’imposent. Victoire insensée. Ah oui, Patrick Ewing 32 points, 11 rebonds était alors un simple rookie ! Historique. Le plus drôle, la saison suivante, le même Ewing offre un tir de la gagne face à Jordan.

1995 : Houston Rockets – Orlando Magic (90-92)

D’abord, c’est une première car cette rencontre oppose les deux derniers participants aux finales NBA. Un match serré qui voit un duel magnifique entre deux pivots majeurs de la NBA. Hakeem Olajuwon (30 points, 12 rebds, 6 passes,) face à Shaquille O’Neal (22 points, 18 rebds, 5 passes). Le colosse du Magic s’impose, bien aidé par son comparse Anfernee Hardaway (22points, 7 rebonds, 10 passes).

2004 : Miami Heat – Los Angeles Lakers (104-102)

Ce match a le mérite d’être fort sur et en dehors des parquets. D’abord, ce sont les grandes retrouvailles entre Kobe et le Shaq après que ce dernier est quitté les Lakers. Le big man se fait exclure pour une sixième faute sur son ancien partenaire. Et sur le terrain, Wade n’a jamais aussi bien mérité son surnom de The Flash tant il est flamboyant, 29 points, 10 passes. Même les 42points de Bryant n’ont rien pu faire. Victoire du Heat pour une des plus belles affiches de Noël.

POUR BRILLER LORS DES REPAS DE FÊTE :

  • Doc Rivers et Phil Jackson sont les deux seuls hommes à avoir été joueurs et coachs lors d’un NBA Christmas
  • La 1 000ème victoire de Phil Jackson était un jour de Noël, en 2008 en tant que coach des Lakers, face à Boston.
  • Le premier match opposant les Pistons et les Pacers après le fameux « Malice at the Palace » a eu lieu un 25 décembre 2004. Détroit s’imposa 98 à 93 à Indiana.

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Mon premier article est sur Bryant Reeves, what else ?

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