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1989-1990, le Magic fait ses premiers pas en NBA

Franchise History

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Peu de temps après sa nomination en 1984, le commissionnaire David Stern annonce qu’il souhaite créer de nouvelles franchises NBA. Un projet qui va faire fantasmer de nombreux investisseurs locaux. Jimmy Hewitt, un businessman originaire d’Orlando, est l’un d’entre eux. Il désire monter un dossier pour amener la balle orange dans sa ville. Une idée folle pour une agglomération de 160.000 habitants, un gros bourg à l’échelle des Etats-Unis. Ce rêve prend vie lors de sa rencontre fortuite dans une église avec Pat Williams, le general manager des Sixers. En poste depuis plus de 10 ans à Philadelphie, Williams a connu l’ivresse du titre avec Moses Malone et Julius Erving en 1983. Mais, depuis plusieurs saisons, le GM ressent le besoin d’un nouveau challenge. L’annonce de David Stern a suscité également chez lui des envies d’ailleurs. Il se verrait bien à la tête d’une franchise en Floride. Les deux hommes étaient faits pour se rencontrer. Après un premier exposé enflammé de Hewitt en septembre 1985, Williams lui répond que ce projet serait plus approprié à Miami ou Tampa, deux marchés importants plus propices à l’implantation d’une franchise NBA. Il en faut plus pour décourager Hewitt qui organise une rencontre avec le maire de la ville, Bill Frederick. Ce dernier lui assure que la municipalité va mettre le paquet sur la construction de la nouvelle salle, l’un des vecteurs de la réussite du dossier. Petit à petit, Williams se laisse subjuguer par l’enthousiasme de l’homme d’affaires. En juin 1986, il démissionne de son poste de GM pour rallier la cause floridienne. Dans une conférence de presse, il annonce la candidature officielle d’Orlando qui rejoint Minnesota, Charlotte, Miami, Anaheim et Toronto dans la course aux nouvelles franchises.

Le general manager Pat Williams entouré des propriétaires du Magic

Jimmy Hewitt est maintenant à la tête d’un groupe de 32 investisseurs qui soutiennent le projet. Ensemble, ils lancent une grande campagne d’abonnement pour la future équipe moyennant 100 dollars. Le lendemain de l’annonce, plus de 400 promesses de dons sont reçues, preuve de l’engouement du public pour le basket. Dans la foulée, le quotidien The Orlando Sentinel organise un concours pour désigner le nom de la franchise. Sur un total de 4296 propositions récoltées, le comité en retient huit : The Challengers, The Floridians, The Juice, The Orbits, The Astronauts, The Aquamen, The Sentinels et The Magic. Influencé par la fille aînée de Pat Williams, de passage à DisneyWorld pendant l’été, le comité de réflexion opte pour le dernier nom. La corrélation entre Orlando et le célèbre parc d’attraction en périphérie de la ville vient de naître… en accord avec le groupe Disney, bien sûr.

Pour le choix du logo, la direction fait appel au designer Doug Minear. Son travail : un fond noir avec le nom Orlando Magic stylisé suivi d’une poussière d’étoiles et d’un ballon. Au départ, le noir et le jaune avait été choisis, mais cela faisait trop référence aux couleurs de l’équipe de Central Florida University. Au final, le bleu indigo, l’argent vif et le noir sont retenus. Un code que l’on retrouvera bientôt sur le fameux maillot pinstripe du Magic.

Parallèlement à l’avancée de ces étapes indispensables, le Magic peaufine son plan drague envers la Ligue. Début juillet 1986, les dirigeants se rendent dans les bureaux de la NBA pour remettre le chèque de 100.000 $ nécessaire à l’inscription. Sur la photo officielle, Williams parvient à glisser in extremis des oreilles de Mickey sur la tête de David Stern. Même si le commissionnaire les enlève immédiatement, le cliché est pris et fera le tour des Etats-Unis. En décembre, Stern annonce que les candidatures d’Anaheim et Toronto sont hors course et que l’expansion sera réduite à trois franchises. Trois places pour quatre dossiers ! La Ligue en profite aussi pour faire passer le budget des nouvelles équipes de 20 millions à 32,5 millions ! Un coup rude pour le Magic dont le fonds d’investissement est détenu par une multitude de « petits » associés. En coulisses, il se murmure que les autres propriétaires NBA n’aiment pas la structure financière d’Orlando. Williams tente alors un coup de poker en démarchant directement Michael Eisner, le PDG de Disney. La multinationale accepte de reprendre une grosse partie de la propriété de la franchise, mais impose ses conditions. Disney récupère une partie du business merchandising, la totalité des droits publicitaires via une agence et met en place des forfaits réduits entre le parc d’attraction et l’Orlando Arena.

En avril 1987, la NBA rend enfin son verdict concernant la future expansion. La commission composée des propriétaires des Suns, des Celtics et des Rockets valident finalement les quatre dossiers du Heat, des Hornets, des Timberwolves et du Magic, à condition que ce dernier finisse les travaux de sa salle et atteigne les 10.000 abonnements vendus. Deux conditions qui seront vite tamponnées. Il est également décidé que Miami et Charlotte feront leurs premiers pas en 1988, tandis que Minnesota et Orlando s’élanceront en 1989. Par souci d’équité entre les divisions, le Magic passera sa première saison dans la Central, la seconde dans la Midwest pour finir ensuite dans l’Atlantic. Les expansions teams étant jugées faiblardes à leurs débuts, elles changeront de poules pendant trois ans pour ne pas avantager les autres équipes de la division.

Matt Guokas aux commandes du Magic

Passée l’euphorie de cette annonce, le Magic lance son casting pour trouver un coach. Un casting fortement orienté vers les Sixers, l’ancienne franchise de Pat Williams. Viré par Philadelphie en février 1988 suite à un mauvais départ, Matt Guokas est l’un des favoris pour prendre les rênes d’Orlando. Champion NBA en 1967 avec Philly, Guokas se reconvertit dans le coaching toujours dans la ville de l’amour fraternel. Pour sa première saison sur le banc en 1985, il dirige du très lourd avec Moses Malone, Julius Erving, Charles Barkley, Maurice Cheeks et Bob McAdoo… 5 Hall Famer, rien que ça ! Le voir signer au Magic, une franchise qui risque de squatter les bas fonds un moment n’est donc pas gagné, d’autant que Guokas est pisté par plusieurs équipes. Mais, Pat Williams se montre une nouvelle fois le plus convaincant et l’enrôle sur le banc. Le GM réalise même un coup double en nommant comme principal assistant, Bob Weiss, un habitué du circuit passé par les Spurs et les Mavericks.

C’est avec ce coaching staff très expérimenté qu’Orlando s’apprête à construire enfin son effectif lors de l’expansion draft, le 15 juin 1989. Vainqueur du tirage au sort contre les Timberwolves, le Magic hérite du first pick, puis des onze choix impairs suivants. Contrairement à Minnesota qui ne conservera que deux joueurs de cette expansion pour sa saison inaugurale, Orlando va sélectionner intelligemment son roster en intégrant immédiatement dans l’équipe ses 10 premiers choix. Williams et Guokas alternent entre jeunes à potentiels et vétérans aguerris dans la Ligue. Terry Catledge (25 ans) et Scott Skiles (24 ans) forment tout d’abord l’axe 1-5 d’avenir, pendant que Otis Smith (25 ans) et Jerry Reynolds (26 ans) s’occupent des ailes. Avec ses deux premiers choix, Orlando récupère de l’expérience : le combo guard Reggie Theus, double All Star chez les Bulls et l’intérieur besogneux des Knicks, Sidney Green. Les meneurs Sam Vincent, Morlon Wiley et le pivot Mark Acres complètent, quant à eux, la second unit floridienne.

L’effectif du Magic pour la saison 1989-1990

Le 27 juin, c’est parmi les rookies de la cuvée 1989 que le Magic va pouvoir piocher. En amont de la draft, le front office floridien qui se trouve trop dégarni au poste 5, recherche un trade. Il obtient une garantie de la part de Jerry Krause, le GM des Bulls. Si Chicago parvient à drafter l’un des big men scoutés avec son pick 6 – Pervis Ellison, Danny Ferry, J.R. Reid ou Stacey King – la franchise s’engage à échanger son pivot Dave Corzine à Orlando. Pat Williams a des sueurs froides quand il voit partir rapidement les trois premiers noms de la liste. Heureusement, les Bulls récupèrent Stacey King. En contrepartie de deux seconds tours de draft, le Magic acquiert le géant Dave Corzine. Une opération catastrophique avec le recul, puisque le pivot se flingue le genou au bout de trois petits matches et les assets lâchées deviendront Toni Kukoc et P.J. Brown ! Les Floridiens auront un peu plus de nez, par la suite, en choisissant l’arrière athlétique d’Illinois, Nick Anderson en onzième position et le massif Michael Ansley d’Alabama à la 37ème place.

Terry Catledge, l’homme fort d’Orlando avec 19.4 points et 7.6 rebonds

C’est dans une arène archicomble que le Magic fait ses grands débuts en NBA le 4 novembre 1989 face aux Nets du New Jersey. Un véritable conte de fée pour Orlando, après plus de quatre années de travail en coulisses. Le premier 5 Majeur de la franchise est composé de Sam Vincent, Reggie Theus, Jerry Reynolds, Terry Catledge et Dave Corzine. Trop maladroit aux tirs (36,4%), le Magic s’incline d’une courte tête, 106-111, malgré la grosse performance de Catledge (25 points et 16 rebonds). La déception sera de courte durée, puisque les hommes de Matt Guokas embrayent sur deux succès d’affilée : le premier à domicile contre les Knicks de Patrick Ewing et le second sur le parquet des Cavaliers avec 74 points du trio Vincent-Theus-Catledge. Pour un bleu-bite, le Magic est très digne sur le premier mois de compétition avec un bilan équilibré de 7 victoires pour 7 défaites, soit le meilleur départ de l’Histoire pour une équipe d’expansion. Mais, le calendrier va vite rattraper les Floridiens qui enregistrent 26 défaites avant le All Star Break. Matt Guokas a bien du mal à trouver une hiérarchie collective et teste pas moins de 13 joueurs dans son starting five. Si l’attaque du Magic carbure à plein régime (110.9 points inscrits, 5ème de la Ligue), c’est porte ouverte tous les soirs de l’autre côté du parquet avec 119.8 points encaissés, de loin la pire défense cette saison-là. Un facteur rédhibitoire pour Orlando qui termine l’exercice avec un bilan de 18 victoires et 64 défaites. Au milieu de tous ces blow-outs, on peut noter quelques perfs intéressantes comme les 49 points de Catledge contre les Warriors (6ème meilleur total de l’Histoire du Magic) et le premier triple double de la franchise avec les 21 points, 11 rebonds et 17 passes de Sam Vincent dans une victoire contre les Pacers. Mais, le principal succès de cette première campagne, c’est bien l’engouement populaire autour de l’équipe qui enregistre 33 matches consécutifs à guichets fermés. Jimmy Hewitt avait vu juste, même pour ce petit marché au coeur de la Floride, il y avait de la place pour la balle orange !

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