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1er novembre 1946, le premier match des Knicks de New York

Franchise History

Parvenir trois fois de suites en finales NBA est un exploit qui n’est pas si rare qu’il n’y parait. Il a déjà été réalisé quinze fois par sept franchises différentes. Mais parmi ces équipes de légende, seuls les Lakers (1968-70) et les Knicks (1951-53) sont ressortis de leurs séries bredouilles. C’est l’histoire d’une équipe qui a perdu trois finales consécutives, mais pas seulement.

6 JUIN 1946

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Premier effectif des Knicks (1946-47). Au centre le coach Neil Cohalan

Quand l’Arena Managers Association of America s’accorde pour créer la BAA (ligue ancêtre de la NBA) en 1946, ils donnent vie par la même occasion à la franchise des Knicks. Max Krase, instigateur de cette création et ancien journaliste à New York espère se voir confier les rênes de la franchise. Mais c’est Ned Irish, président du Madison Square Garden et promoteur de matchs universitaires, qui en prend finalement la tête et lui donne le nom de New York Knickerbockers. Homme d’affaire avant tout, Irish n’est pas du genre à compromettre et s’investit activement dans la gestion de son équipe. Il constitue l’effectif avec son coach Neil Cohalan, et le 1 Novembre 1946 les New York Knicks affrontent les Toronto Huskies dans le premier match de l’histoire de la ligue.

Cette première saison voit les Knicks s’arrêter en demi-finales BAA avec des blessures graves de joueurs majeurs. Mais Irish reste serein, cette saison n’était qu’une mise en route en attendant que son choix n°1 au poste de coach se libère.

 

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Joe Lapchick (au centre) et les Celtics

LE LEADER : JOE LAPCHICK

Dès la création des Knicks, Irish a une idée fixe pour diriger l’équipe : Joe Lapchick. Ancien membre majeur des grands Celtics des années 1920 et 1930, Lapchick était probablement le meilleur pivot de son ère. Reconverti au coaching à St John’s University (NYC) en 1934, il s’illustre également dans cette nouvelle fonction, remportant le NIT en 1944 et 1945. Rapidement convaincu de rejoindre les Knicks par Irish, Lapchick est présent auprès de l’équipe dès la saison 1946-47 alors qu’il est toujours son contrat à St John’s. Il prend part au training camp, voyage avec l’équipe si son emploi du temps le permet et fait des scouting reports sur les adversaires. Lapchick est un coach très investi, parfois à outrance, on peut citer ses gestes d’humeur menant à des chaises brisées sur le bord du terrain mais cela va plus loin. Il est fréquemment victime de stress, allant parfois jusqu’à l’évanouissement en plein match. Heureusement il est bien davantage, et se démarque par son excellente gestion humaine. Il pousse ses joueurs à développer leur jeu de passe et leur lecture du jeu pour permettre une attaque basée sur la circulation de balle et la liberté de création (pour les lecteurs intéressés, un match contre les Pistons de 1950 est disponible ici). Véritable leader, il ne ratera pas une fois les playoffs en huit ans chez les Knicks. Mais ce qui est peut-être le témoignage le plus impressionnant de son leadership est l’effectif 1953-54 des Knicks : sur treize joueurs, huit deviendront coachs par la suite.

UN GROUPE QUI DURE

Lapchick endosse donc le rôle de coach principal en 1947 et entame la construction d’un groupe qui doit s’inscrire dans l’élite sur la durée. Petit à petit il ajoute des pièces tout en maintenant son équipe en playoffs, malgré l’absences de finales. Au total neuf joueurs seront sous contrat pour les trois finales auxquelles participent les Knicks : Carl Braun (1947-61), Harry Gallatin (1948-57), Ray Lumpp (1948-53), Vince Boryla (1949-54), Dick McGuire (1949-57), Connie Simmons (1949-54), Ernie Vandeweghe (1949-56), Nat Clifton (1950-57) et Max Zaslofsky (1950-53). Tous ces joueurs sont des basketteurs de grand talent et contribueront activement au succès des Knicks.

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1950-51 : ENFIN PRÊTS 

Alors que la NBA entre dans sa deuxième année d’existence, il semble clair que les deux ligues lui ayant donné vie ne se valaient pas. Même si la BAA était la ligue la plus riche et a officiellement absorbé la NBL, l’effaçant de l’histoire NBA, les anciennes équipes de NBL dominent celles de BAA. Les monstres que sont les Minneapolis Lakers et Rochester Royals (ancêtres des Kings) marchent sur la conférence Ouest pendant que les Syracuse Nationals (ancêtres des 76ers) ont aisément remporté la conférence Est lors des derniers playoffs. Mais peu importe le déroulé des saisons régulières ou des playoffs, à la fin c’est George Mikan et ses Lakers qui semblent destinés à remporter le titre tous les ans. Ned Irish en est bien conscient et pense avoir trouvé l’arme qui lui permettra de lutter contre Mikan. Regrettant de ne pas avoir proposé un gros contrat à Dolph Schayes (drafté par les Knicks en 1948, il choisira les Nationals et la NBL qui lui offrent plus d’argent), il compte bien saisir sa chance avec Nathaniel « Sweetwater » Clifton. Intérieur afro-américain de génie, Clifton s’est fait une réputation grâce à ses exploits dans le maniement de balle sous les maillots des New York Renaissances et des Harlem Globetrotters. Pour l’obtenir Ned Irish va forcer la main de ses confrères pour pousser l’intégration des afro-américains en NBA, menaçant de retirer les Knicks de la ligue, qui perdrait son plus gros marché.

Joe Lapchick est, quant à lui, un grand défenseur de l’intégration. Il avait déjà, en 1947, tenté de faire entrer en BAA les New York Renaissances, équipe entièrement composée de joueurs noirs. Il est donc ravi de voir Clifton le rejoindre et devenir le premier afro-américain à signer un contrat avec une équipe NBA. Cette addition s’ajoute à celle de Max Zaslofsky que Lapchick a coaché à St John’s. Arrière scoreur qui reste sur quatre All-BAA/NBA First Teams consécutives, il compense le départ à l’armée de Carl Braun, alors meilleur scoreur de l’équipe. Au fur et à mesure de la saison le style Lapchick commence à porter ses fruits, les Knicks mènent la ligue en terme de passes décisives malgré un rythme de jeu dans les plus bas. La balle circule et les joueurs se montrent patients, obtenant ainsi de meilleurs pourcentages au tir. C’est le collectif qui brille et on retrouve ainsi trois Knicks lors du premier All-Star Game de l’histoire en 1951 (Gallatin, Boryla et McGuire). Avec un bilan de 36-30, New York est troisième de l’Est derrière Warriors et Celtics, marquant le retour au premier plan des franchises BAA.

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Nat Clifton score face à George Ratkovicz des Nationals

FINALES 1951 : LES PLUS BELLES DE L’HISTOIRE ?

Boston ne peut rien face à la profondeur d’effectif des Knicks lors du premier tour des playoffs 1951. Sous l’impulsion d’un Max Zaslofsky qui inscrit 23 points par match, les Knicks écartent les Celtics pour se hisser en finale de conférence face aux Nationals, finalistes en titre. Cette série est bien plus accrochée, mais l’avantage du terrain fait la différence, chaque équipe restant invaincue à domicile. Mais les Knicks se sont fait peur lors du Game 5 décisif : à dix minutes de la fin du matchs, menés de 12 points, ils ont dû réaliser une remontée fantastique pour l’emporter 83-81. Le cap est enfin franchi et les Knicks sont en finales NBA. Mais ce n’est pas la plus grande surprise de ces playoffs. Pendant que l’Est se renouvelle, l’Ouest reste sous le joug des Royals et des Lakers qui se retrouvent, comme souvent, en finale de conférence. Sauf que pour la seule fois de sa carrière, Mikan va connaitre la défaite en playoffs (en excluant son retour de retraite en 1956 où il n’était plus le même joueur). Le fait qu’il joue avec une cheville cassée est certainement un élément important mais les Royals prouvent pendant ces finales de conférence qu’ils sont là pour gagner, Mikan ayant déjà mené son équipe au titre en jouant plâtré. Rochester est mené par le meneur Bob Davies et ses dribbles dans le dos spectaculaires, ainsi qu’Arnie Risen pivot de 2m06 qui domine aussi bien au scoring qu’au rebond. En plus de ces individualités, et comme pour les Knicks, c’est leur profondeur qui fait leur force. On retrouve notamment dans leur roster Red Holzman, futur coach des Knicks champions en 1970 et 1973.

Ayant l’avantage du terrain, les Royals vont se montrer sans merci sur le début des finales. Les victoires s’enchaînent 92-65, 99-84 puis 78-71 et les Knicks se retrouvent acculés. Ils sont menés 3-0 et restent sans réponse face à la taille d’Arnie Risen, Connie Simmons étant le seul joueur de l’effectif New-yorkais à dépasser les 2 mètres. Sur le début de série, Risen tourne à plus de 23 points et près de 16 rebonds de moyenne, bien aidé par un Bob Davies qui, en plus de scorer, réduit Dick McGuire au silence. Pour le quatrième match, Lapchick procède à des ajustements, Ernie Vandeweghe (le père de Kiki) remplace McGuire et les Knicks démarrent en fanfare, comptant jusqu’à 17 points d’avance. Mais ils gâchent tout et se retrouvent menés de 6 points en début de 4e quart-temps. Clifton se montre alors extrêmement clutch en marquant ou en provoquant des fautes et mène son équipe à une victoire 79-73. Les Knicks enchaînent alors par des victoires héroïques lors des Game 5 (92-89) et 6 (80-73). Ils ont complètement retourné le momentum et ramènent la série à Rochester 3-3 pour un match décisif.

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Vince Boryla drive face à Bob Davies

C’est la douche froide à Rochester, mais malgré la défaite à domicile lors du Game 5, les Royals gardent un bilan à la maison de 92-16 sur les trois dernières années. Ils comptent bien profiter de cet avantage et se donnent à fond dès le début de match. Les Knicks se retrouvent rapidement menés 32-18 mais grignotent petit à petit leur retard pour égaliser 69-69 avec six minutes à jouer. Cependant leurs manques à l’intérieur se font sentir et Risen pousse Clifton puis Simmons à leur sixième faute, laissant Gallatin comme seul intérieur dans l’effectif. Malgré tout les Knicks s’accrochent et le match est à égalité 75-75 avec 1 min 29 à jouer. C’est à ce moment que Bob Davies pousse McGuire à la faute alors que ce dernier tentait d’obtenir un passage en force. Davies inscrit ses deux lancers, qui sont alors suivis dans les deux dernières minutes d’une jump-ball. Elle est gagnée par les Royals qui font circuler la balle et assurent une victoire 79-75. La Edgerton Park Arena exulte, le seul titre NBA de l’histoire de la franchise vient d’être remporté au cours de finales épiques.

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NOT ONE NOT TWO…

On pourrait croire qu’en étant passés si près de l’exploit les Knicks seraient abattus, mais leur force se reposant sur le nombre ils parviennent à se serrer les coudes pour aller de l’avant. Pendant la saison 1951-52 Lapchick accentue sa gestion d’effectif, huit joueurs jouent plus de 20 min/match dont sept inscrivent plus de 9 points. Même les leaders de l’équipe sont préservés, leurs temps de jeu ne dépassant pas les 35 min quand la plupart des stars de la ligue jouent entre 40 et 45 min/match. Le haut de classement est très serré à l’Est et les Knicks finissent troisièmes à trois victoires des Nationals leaders. Encore une fois les playoffs proposent des confrontations face à Boston et Syracuse. Mais celles-ci seront encore plus disputées que la saison précédente. Surtout Boston qui perd 2-1 malgré un Bob Cousy innarêtable sur la série avec 31 points/match. Néanmoins New York survit et retrouve les finales NBA. Les joueurs sont déterminés à enfin remporter un titre face à des Lakers grands favoris. Car George Mikan est de retour en forme, et même si des règles censées le ralentir ont été instaurées cette saison, ses coéquipiers Jim Pollard et Vern Mikkelsen ont largement compensé sa relative baisse statistique. Ces finales sont extrêmement disputées et vont jusqu’à un nouveau Game 7, mais là encore le déficit de taille va tuer les espoirs New-yorkais. Mikan termine la série à 22 points et 17 rebonds par match quand aucun joueur des Knicks ne dépasse les 10 rebonds. Les Lakers remportent leur quatrième titre en 5 ans dont 2 titres NBA, un titre BAA et un titre NBL.

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Howie Schultz pénètre entre Nat Clifton et Carl Braun

Pour la saison 1952-53 les Knicks récupèrent leur arrière Carl Braun et ont désormais un effectif avec sept joueurs à plus de 10 points/matchs. Persuadés que leur destin en finale pourrait basculer sur l’avantage du terrain les Knicks se battent pour finir avec le meilleur bilan. Ils finissent premiers de l’Est pour la première fois de leur histoire avec une victoire d’avance sur Boston et Syracuse mais échouent une victoire derrière les Lakers, encore leaders à l’Ouest. Les Knicks semblent cependant avoir réglé leurs problèmes au rebond grâce à la progression dans le domaine de Harry Gallatin (4e de la ligue cette saison, il sera leader en 1953-54) et Nathaniel Clifton. Ils déroulent lors des playoffs à l’Est, ne concédant qu’une défaite aux Celtics en finale de conférence, et retrouvent les Lakers pour des finales qui vont tourner court. Pourtant les Knicks remportent le premier match à Minneapolis et rentrent à New York avec la série à 1-1 et trois matchs à domicile à venir. Mais le style de jeu a évolué et les équipes menant au score décident cette saison plus que jamais de gagner du temps. En profitant de l’absence de shot clock, ils font tourner la balle et forcent leurs adversaires à faire faute pour la récupérer. Et à ce jeu là les Lakers excellent, ils vont donner une leçon de cynisme à des Knicks qui ne retourneront même pas à Minneapolis, enchaînant trois défaites de rang à domicile. Alors qu’ils s’imaginaient enfin champions, c’est une nouvelle désillusion pour ce groupe, celle de trop. Cette défaite met un coup d’arrêt aux chances de titre de l’équipe et il faudra attendre jusqu’en 1969 pour revoir les Knicks passer un tour de playoffs.

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Carl Braun sur la ligne de lancers

L’équipe reste articulée autour de ce groupe de joueurs pendant encore quelques années. Et, grâce à de petits ajustements, elle parvient à se maintenir en playoffs jusqu’en 1956, dernière saison de Lapchick en NBA. A la suite de quoi McGuire, Gallatin et Clifton seront envoyés aux Pistons pour sonner le glas de ces Knicks. En s’inscrivant sur la durée, ce groupe aura marqué l’histoire de la franchise : Carl Braun est le 5e meilleur marqueur de l’histoire des Knicks, Gallatin 4e rebondeur a été élu au Hall of Fame, tout comme Dick McGuire. A eux trois ces joueurs cumulent 17 sélections au All-Star Game et 5 All-BAA/NBA Teams. Même sans titres ils auront écrit de belles pages dans l’histoire de la franchise New-yorkaise, en ayant constitué une des dernières grandes équipes précédant l’apparition de la shot clock.

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