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[Portrait] John Wallace, l’orange lui va si bien…

Portrait

Montage : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Mais pourquoi donc John Wallace, 7,6pts et 2,8 rebs en carrière a t’il une place particulière dans notre mémoire basket? Et d’ailleurs pourquoi Orange?

Parce que l’ailier fort John Wallace est tout simplement l’un des meilleurs joueurs «All time» ayant foulé le parquet de l’Université de Syracuse. Oui, sous les couleurs orange de la fac, John a progressé d’années en années pour en devenir l’une de ses légendes.

Il débarque lors de la saison 92/93 auréolé du titre de meilleur lycéen de l’état de New York. Sa carrière lycéenne, il l’a passe à la Greek end Athena High School sur les bords du lac Ontario à moins de 300 km de Toronto. Gros scoreur, ultra spectaculaire, il est courtisé par de nombreuses universités. Ce ne sera pas North Carolina, Duke ou UCLA, non, son choix sera local (Syracuse University n’est pas loin de Rochester, sa ville de naissance) mais sans la moindre concession sur le sportif puisque le programme est d’un très bon niveau.

DES PREMIERS PAS UNIVERSITAIRES CONVAINCANTS

Dès sa première saison au poste d’ailier-fort, il s’impose comme un joueur incontournable du collectif mené par le coach désormais légendaire Jim Boeheim. Il boucle son premier exercice avec des moyennes de 11,1pts, 7,6 rebs (meilleur rebondeur) derrière les «stars»,Lawrence Moten, Adrien Autry et le spectaculaire Conrad McRae (qui a joué à Pau et martyrisé les cercles de Pro A).

Lors de sa deuxième et troisième année, John va épaissir son jeu, il progresse dans toutes les catégories statistiques. Lui qui passait son temps à attaquer le cercle commence à s’écarter avec réussite, il ajoute un shoot mid-range redoutable. Si en défense il n’est pas toujours assidu, il sait désormais trouver ses coéquipiers démarqués, il n’est plus un trou noir comme au lycée.

Nommé dans la All-1st team de la Big East, on lui promet un destin de star, les sirènes de la nba commencent à siffler et on le projette en milieu de premier tour. Finalement John va décider de boucler sa dernière année pour d’abord peaufiner son jeu et ensuite obtenir son diplôme.

Il va définitivement asseoir sa domination et devenir le «go-to-guy» de l’équipe. Sans Moten, drafté par les Grizzlies (il ne laissera pas un grand souvenir chez les pros!), John va prendre le contrôle de l’équipe.

LA PRISE DE POUVOIR

Son année senior sera son nirvana, il va produire des stats d’exceptions. Sa régularité est irréprochable, son énergie de tous les instants va déteindre sur tout le groupe. John possède un «coffre» taille XXL, il court plus que les autres, va plus haut, vole des ballons, contre et surtout…claque des dunks tonitruants sur l »ensemble de la NCAA, il tourne même à 42% à 3 pts. Grâce à ses 22,2 pts, 8,7 rebs, 2,4 ass, 1,6 bls et 1,1 st, les Orangemen vont s’envoler vers un bilan somptueux de 29 victoires pour 9 défaites.

Dans le tournoi final, Wallace va enthousiasmer tous les observateurs. En plus d’être une machine, Wallace est «clutch». Face à Georgia en sweet-sixteen, en fin de prolongation, Syracuse est à -1, John s’empare du ballon pour planter le 3pts décisif et qualifier son équipe! Il aura compilé 30 pts et 15 rebs! Il emmène ce groupe au final four 96′.

Syracuse élimine facilement Mississippi State 77 à 69 avec un Wallace un peu maladroit mais faisant le job avec ses 21 pts. Direction la finale face au Kentucky de Rick Pitino (oui, oui déjà!). Cette saison 96′ a été dominée de la tête et des épaules par les Wildcats ( 34v-2d). Ils sont clairement favoris mais les «underdogs» de Syracuse ne rendront les armes qu’en toute fin de match.

wallace georgia

UNE FINALE NCAA DE TOUTE BEAUTÉ

Wallace quand à lui, va produire un match incroyable de courage, d’énergie et de passion. Et, c’est bien là le point essentiel. Wallace joue avec une passion débordante. Son amour du jeu galvanise ses coéquipiers et transcende le public. Il faut dire que Wallace est condamné à sortir le grand jeu face à une équipe «quasi-nba». Rendez vous compte….Antoine Walker, Tony Delk, Walter McCarthy, Derek Anderson, Ron Mercer tous futurs NBA-ers! L’histoire aurait pu être magnifique mais hélas Wallace va devoir sortir à 2 minutes de la fin du match à cause de ses 5 fautes. Kentucky s’envole vers le titre mais Wallace a définitivement marqué les esprits avec ses 29 pts, 10 rebs. On fermera les yeux sur ses 6 ballons perdus…Il sera nommé dans le meilleur cinq du tournoi aux côtés de Marcus Camby, Burgan, Delk et Mercer. Dernière étape…la NBA.

UNE DRAFT… COMPLIQUÉE !

John Wallace est attendu très haut lors de cette draft 1996. La plupart des «mocks» le place entre la 5ème et le 10 ème place, bref un top pick. Sauf que…cette draft va être l’une des plus relevées de l’histoire! Imaginez un peu… dans la génération qui se présente en 1996 nous avons 3 futurs MVP avec Iverson, Kobe Bryant et Steve Nash, le meilleur shooteur à 3 pts de l’histoire avec Ray Allen, de multiples All-stars comme Stojakovic, Marbury, Jermaine O’neal, Llgauskas,Antoine Walker, un énorme défenseur/rebondeur Marcus Camby, un franchise player comme Abdur Rahim et bien d’autres joueurs solides comme Kerry Kittles, Eric Dampier, Tony Delk et Derek Fisher. John Wallace va connaître une soirée bien particulière car même s’il n’y avait pas trop de doute sur le premier choix Iverson, on pouvait s’attendre à ce que les Clippers à la 7ème place choisissent John. Il n’en sera rien et ni les Nets ni Indiana un peu plus loin ne le choisiront. Wallace se liquéfie à mesure que les équipes passent leur route. Finalement, David Stern le commissionner entre sur la scène de l’East Rutherford du New Jersey pour annoncer le choix toujours très attendu des New York Knicks. Le rêve devient réalité: «The New York Knicks pick …John Wallace». Une énorme ovation se déclenche, les fans pourtant si difficile des Knicks sont en transe. L’accueil est fabuleux et si John a souffert de son glissement dans la draft, il est récompensé de son attente. Personne n’a réellement compris pourquoi Wallace n’a été choisi qu’en numéro 18. Certains affirment que c’est en partie à cause de son amitié avec le sulfureux Derrick Coleman, autre légende de Syracuse. D’autres pensent plutôt que c’est à cause d’un vol raté suite à une panne de réveil pour le premier match du tournoi national (il a toujours affirmé qu’il n’y était pour rien invoquant une panne de courant!) avec Syracuse qui aurait engendré une mauvaise réputation.

wallace knicks

FAIBLE TEMPS DE JEU MAIS PROMETTEUR

Ses débuts professionnels sont quelque peu compliqués en terme de temps de jeu avec simplement 11,6 minutes. Dans une grosse équipe composée des légendaires Ewing, Starks, Oakley mais aussi des derniers arrivés Larry Johnson et Allan Houston, il est bien difficile de trouver une place et des responsabilités. Malgré tout, lorsque Wallace est sur le terrain, il est performant, apportant toute sa fougue et son envie. Ramené à 36 minutes ses 4,8 pts et 2,3 rebs se transforment en 15 pts et 7,1 rebs! Le seul problème c’est la concurrence. Comment passer devant Larry Johnson et Charles Oakley? Les Knicks sont de vrais «contenders» et voient leur fenêtre de tir se rétrécir à mesure que les années passent puisque Patrick Ewing est en fin de carrière. Ils ne peuvent pas offrir plus de temps de jeu à Wallace. Ils décident de le trader vers Toronto dans un échange à 3 avec Portland pour récupérer le pivot back up Chris Dudley. Pour ceux qui ont connu les deux joueurs, il y a de quoi pleurer de rire tellement Dudley était d’une rare utilité si ce n’est prendre quelques rebonds, envoyer 3 pains aux pivots adverses, rater 4 lancers sur 4 et sortir pour 6 fautes!

TORONTO ET SA CARRIÈRE DÉCOLLE

Bref, John retourne non loin des terres qui l’auront vu réaliser de grands exploits. Toronto est bel et bien la destination rêvée pour Wallace qui retrouve la beauté hypnotique du Lac Ontario. Les Raptors sont une jeune équipe avec 2 ans d’existence et peuvent lui offrir du temps de jeu. Si cette saison est un vrai calvaire avec un bilan catastrophique de 16v pour 66 défaites, cette équipe est excitante à voir car elle regorge de jeunes joueurs talentueux comme Damon Stoudamire, Marcus Camby, Billups, Tracy McGrady, Doug Christie et Wallace donc. Dans cette nouvelle dynamique, il se régale et même s’il n’est titulaire qu’à 36 reprises, il est vraiment influent dans le collectif. Il réalisera la meilleure saison de sa carrière avec 14 pts, 4,5 rebs et 1,2 bls en 28,8 min de temps de jeu. A ce moment là, on se dit qu’il est sur de bons rails pour devenir un solide joueur nba, peut être même un peu plus.

wallace toronto

Malheureusement, la saison suivante ne se passe pas comme prévu et, sa progression va être considérablement freinée. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela, d’abord Butch Carter, leur coach, le décale au poste d’ailier car désormais les Raptors ont dans leur effectif l’ex-Knick Charles Oakley au poste 4 (décidément the Oak aura causé bien des ennuis à Wallace!). John se retrouve en concurrence avec Vince Carter ( fraîchement drafté) et Tracy McGrady, les deux cousins. Encore une fois, le destin lui met des bâtons dans les roues! Aussi talentueux soit-il, Wallace ne tient pas la comparaison avec deux gars qui vont dominer le jeu comme Vinsanity et T-Mac. Son temps de jeu se réduit considérablement (16,9 minutes) mais malgré tout il continue de produire des stats convenables avec 8,6 pts, 3,6 rebs et presque 1 contre par match. Si son avenir est bouché du côté de Toronto, John n’est pas très inquiet car il sera free agent lors de l’été 1999 et donc, maître de choisir sa future destination.

UN CHOIX CATASTROPHIQUE

Et, contre toute attente John Wallace décide de signer pour…les Knicks de New York! Il retrouve les couleurs bleu et…orange de NY City et surtout, un nouvelle fois, une rude concurrence. Sur le poste d’ailier nous retrouvons Latrell Sprewell, un des gars qui joue le plus de minutes en moyenne dans la ligue et au poste 4, de nouveau, Larry Johnson mais aussi Kurt Thomas. Cette saison-là, Sprewell joue 40 minutes de moyenne et Wallace se retrouve avec des miettes soit 13,3 minutes. Il n’est déjà plus qu’un joueur de bout de banc a simplement 26 ans. Il disparaîtra quasiment du roster sur la fin de saison et pour les playoffs.

Lors de l’été 2000, New York l’envoie à Dallas qui, eux-même l’expédient à Detroit en compagnie de Cedric Ceballos quelques semaines plus tard. Il aurait pu, dû s’imposer à Detroit car cette fois la concurrence était moins relevée mais il n’en sera rien. Les Pistons préfèrent privilégier Corliss Williamson, Billy Owens ou Jerome Williams sur les postes 3 et 4. La carrière de Wallace est en train de partir «en sucette» car finalement aucune équipe ne lui fait réellement confiance même dans un rôle mineur. La donne ne changera pas la saison suivante chez les Phoenix Suns puisqu’il ne jouera que 46 matchs pour des moyennes faibles (5 pts, 1,8 rebs).

UN EXIL EN EUROPE

Alors que sa côte est au plus bas, Wallace décide de traverser l’Atlantique et rejoindre le vieux continent pour signer au Panionios d’Athènes. La-bas il va retrouver ses sensations de basketteur puisqu’il y signe de belles stats 18,5 pts, 6,7 rebs, 2,5 ass. Cela va lui permettre de retrouver les parquets NBA la saison suivante chez le Heat de Miami mais toujours dans un rôle très limité (9,9 min/ match et 4,3 pts).

Sa dernière expérience professionnelle, il la connaîtra en Europe de nouveau et plus précisément en Italie, à Udine, où il se fera plaisir en apportant 13,4 pts et 5,4 rebs. Il mettra un terme à sa carrière dans la foulée de ses 16 matchs avec le club italien.

Depuis John s’est illustré avec brio en étant membre du conseil d’administration d’une organisation caritative pour les enfants dans le besoin.

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En définitive, la carrière professionnelle de John Wallace n’a pas été à la hauteur de celle universitaire. D’abord parce qu’il fut drafté finalement trop loin des top picks de sa draft. En effet lorsque l’on est un top pick, on a un peu plus de chance de se voir confier des responsabilités ou un vrai projet autour de vous. Ensuite, il a toujours dû affronter une concurrence folle ( Oakley, Larry Johnson, Vince Carter, T-Mac,…) qui ne lui a pas permis d’être mis en confiance. Enfin, le choix de son retour à New York en 1999 fut une erreur monumentale. Mieux aurait valu se tourner vers des franchises de seconde zone et vraiment prouver qu’il avait l’étoffe pour être un vrai «bon joueur» NBA. Il aurait pu trouver du temps de jeu très facilement chez les Grizzlies, les Clippers, Cleveland ou les Warriors mais il a choisit Big Apple. Et comme chacun sait, cette ville est une véritable broyeuse à talent. Oui mais voilà John Wallace restera comme l’un des meilleurs joueurs de Syracuse de tous les temps avec Derrick Coleman et Carmelo Anthony. Il aura à lui seul permis à son université d’accéder à un final four et même d’y avoir mis le feu! Alors pour toutes ces raisons, John Wallace restera dans nos mémoires et mérite que l’on ne l’oublie pas.

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Passionné de basket, addict de la nba 80/90's, vous pouvez me retrouver sur ma chaine youtube oldschoolbasketballaddict et sur le compte Twitter @BasketOldSchool

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