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Londres 1948 : le jeu du Nouveau Monde

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Londres accueillit la XIVe olympiade de l’ère moderne, la première depuis celle de Berlin en 1936. Dans un contexte de reconstruction notamment en Europe, cette édition eut incontestablement une saveur particulière. Concernant la balle orange, ce deuxième tournoi vit se conforter l’hégémonie américaine et la première médaille olympique française dans la discipline. Basket Rétro revient pour vous sur le tournoi olympique des Jeux de Londres de 1948.

Après deux annulations en 1940 et 1944 pour des raisons évidentes, les Jeux Olympiques font leur grand retour à Londres en 1948. La capitale anglaise accueille ainsi ses deuxièmes jeux après ceux de 1908. Cette édition est indubitablement marquée par le contexte de l’époque. En effet, l’heure est encore à la reconstruction et de nombreuses difficultés se présentent alors. Les restrictions alimentaires notamment contraignent les différentes délégations à prévoir elles-mêmes leur approvisionnement. D’un point de vue politique, l’Allemagne vaincue n’est pas conviée, le Japon refuse de participer et l’URSS est elle-aussi absente. C’est donc dans ce climat difficile que se tient le tournoi olympique de basket-ball.

UN TOURNOI INDOOR

400px-Harringay_Arena_Poster_edSi le premier tournoi olympique de basket-ball s’était déroulé dans des conditions assez sommaires, en extérieur sur un terrain de terre battue, l’édition londonienne marque une nette amélioration des infrastructures. C’est le moins que l’on puisse dire. Cette évolution accompagnée d’une meilleure qualité technique et physique des joueurs par rapport à 1936, se traduira également sur le terrain en termes de jeu. 23 nations (deux de plus qu’à Berlin ) se retrouvèrent ainsi à l’Harringay Arena au nord de Londres pour en découdre. L’arène normalement conçue pour le hockey sur glace (détruite en 1958) présentait une capacité de 8 000 places et disposait d’un parquet en bois. Pour l’anecdote, on notera que l’égyptien Abdel Moneim Wahby qui avait participé aux jeux de Berlin en tant que joueur participa cette fois-ci en tant qu’arbitre. Celui-ci était alors destiné à atteindre les plus hautes fonctions du basket mondial puisqu’il deviendra en 1968 président de la FIBA.

UN SPORT DU NOUVEAU MONDE

Cette deuxième édition olympique confirma l’hégémonie américaine entrevue à Berlin. Il faudra attendre les jeux de Mexico en 1968 pour ne voir qu’une seule équipe du Nouveau Monde sur le podium. Le format de la compétition prévoyait trois groupes de six équipes et un de cinq. Les deux premiers se qualifiaient en quarts de finale, quant aux autres selon leur résultat de la phase de groupes ils étaient invités à disputer des matchs de classement. Dans le groupe A, le Brésil déroula et se présenta invaincu en quarts idem pour le Team USA dans le groupe C. Le Mexique elle-aussi invaincue domina la France qui termina deuxième du groupe D. Le groupe B fut plus équilibré puisque la Chili et la Corée du Sud terminèrent cette première phase sur le même ratio de 3 victoires pour 2 défaites.

USA-Suisse lors du premier tour (victoire des américains 86 à 21).

USA-Suisse lors du premier tour (victoire des américains 86 à 21).

On retrouva ainsi en quarts de finale : les États-Unis, l’Uruguay, le Mexique, la Corée du Sud, le Brésil, la Tchécoslovaquie, la France de Robert Busnel et le Chili. Il y avait donc 5 équipes américaines en quarts. Le Team USA continua sur sa lancée du premier tour, disposant de l’Uruguay 63 à 28 en quarts, du Mexique 71 à 40 en demi pour se hisser sans trop de difficultés en finale.

Robert Busnel s’était fixé comme objectif une place dans le top 10. Les attentes furent surpassées de bien belle manière. Le quart de finale France-Chili est resté dans les mémoires. Une seconde à jouer, 42 à 40 pour les sud-américains, la balle est dans les mains de Jacques Perrier qui tente un shoot halleluyah du milieu du terrain. 42 partout. Durant la prolongation les bleus prennent l’avantage. René Chocat, tout juste champion de France avec Marseille, prend les choses en mains. 51 à 47 après deux lancers de Chocat, le Chili recolle 51 à 49. Panier de Chocat, 53 à 49, la France décroche le dernier carré olympique. Après un lancer franc chilien dans les dernières secondes, Busnel et les siens l’emportent 53 à 52. La demi contre le Brésil sera plus tranquille. Après avoir mené de quatre point à la mi-temps 23 à 19, l’équipe de France s’impose 43 à 33 assez logiquement bien emmenée par le sochalien René Derency auteur de 16 points, meilleur marqueur de son équipe. La France se présente alors face à l’ogre états-unien pour l’or olympique. Dans le même temps, Le Brésil arracha le bronze au Mexique sur le score de 52 à 47. L’ardeur du combat fut tel que le brésilien Da Motta en perdit même sa culotte pour le plus grand plaisir des spectateurs !

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Le Team USA aux Jeux de 1948.

LES BLEUS EN ARGENT 

Une du magazine Sprint lors des Jeux de Londres 1948.

Une du magazine Sprint lors des Jeux de Londres 1948.

La finale fut une leçon de basket-ball. 28 à 9 à la mi-temps pour le Team USA, les américains déroulèrent et décrochèrent leur deuxième titre olympique sans véritablement d’adversité, score final : 65 à 21. Les hommes de la bannière étoilée rentrèrent 26 de leurs 48 tirs soit 54 % de réussite quand les français n’affichèrent qu’un piteux 7 sur 67 soit 14% de réussite seulement. Néanmoins, la déception de la défaite et cette finale à sens unique ne doit pas cacher la très belle performance de l’équipe de France. Il faudra en effet attendre l’an 2000 et les jeux de Sydney pour retrouver les bleus en finale des jeux olympiques. De plus René Chocat fut nommé dans le meilleur cinq du tournoi. On retiendra également du tournoi la bonne performance des sud-coréens qui développèrent la technique du tir en suspension tout au long de la compétition afin de combler leur petite taille. Cette technique utilisée pour la première fois en tournoi international leur permit d’atteindre la huitième place de la compétition. Enfin, la récusation des arbitres professionnels par le CIO fit grincer des dents et certaines délégations, les États-Unis en tête se plaignirent fortement de la qualité de l’arbitrage.

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

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About Julien Hector (44 Articles)
aime les vieux grimoires surtout quand ils parlent de basket et de l'ALM Evreux Basket !

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