ITW Sandrine Gruda – Part 2 : « Je prends beaucoup exemple sur les joueurs intérieurs de la NBA »
Interview
Le 1er octobre dernier, Sandrine Gruda nous a consacré de son temps pour un entretien. Dans cette deuxième partie, l’intérieure française et d’Ekaterinbourg nous parle d’autres moments de sa carrière de la NBA dont des joueurs intérieurs qu’elle apprécie puis d’Authentic Care, un site de vente aux enchères caritatives dédié aux associations.
Basket Rétro : Pour ceux et celles qui vous ne connaîtrez pas, quel type de joueuse êtes-vous sur le terrain ? Comment décrire votre jeu ?
Sandrine Gruda : C’est difficile d’y répondre. Pour les non-connaisseurs, j’évolue au poste 4 qui est une joueuse qui peut très bien shooter à l’extérieur et jouer dos au panier.
BR : En jouant au poste 4, sur quels points du jeu vous-êtes vous amélioré tout au long de votre carrière ?
SG : Je suis clairement plus adroite au shoot. Mon adresse extérieure a progressé tout comme ma lecture de jeu. Je suis devenue une joueuse aguerrie.
BR : Quelles sont vos qualités et défauts ? Ceux qui ressortaient de la part de vos coéquipières, vos coachs en général durant votre carrière ?
SG : Parmi les défauts, je dirais que je fonçais tête baissée. Au départ, j’avais pas forcément de patience, je n’avais pas de lucidité sur le terrain, je ne savais pas ce qui se passait autour de moi. Mes qualités physiques m’ont permis d’être agressives, j’avais cette fougue qui montrait que je ne lâchais rien. Au cours des années, j’ai appris à avoir beaucoup plus de lucidité, une belle lecture du jeu, à maîtriser mon corps et mon cylindre de jeu. J’ai grandi.
BR : Vous avez cité des noms de joueuses et d’entraîneurs précédemment. Quelles sont celles et ceux qui vous également le plus marqué dans votre carrière ?
SG : Comme je l’avais dit Slobodanka Tuvic qui m’a prise sous son aile. J’ai beaucoup apprécié Sandra Le Dréan, Edwige Lawson, Sue Bird, Diana Taurasi, Ann Wauters, Lisa Leslie etc..
BR : Et y a-t-il des adversaires qui vous ont marquée sur le terrain sur lesquelles il était difficile de cerner et où vous avez éprouvé beaucoup de difficultés en défense ?
SG : Ce sont les joueuses soient plus grandes ou plus corpulentes. Parmi les plus grandes, il y a l’australienne Liz Cambage.
BR : Quels conseils donneriez-vous à de jeunes basketteuses qui rêvent de vivre une carrière peut-être pas comme la vôtre mais de connaître le monde pro ?
SG : Il faut déjà savoir ce que l’on veut. Si on veut être une joueuse professionnelle, il faut identifier cette idée, cette envie. Une fois qu’on l’a identifié, il faut s’en donner les moyens. C’est donc travailler dur, s’imprégner plus du basket. Me concernant, je m’entraînais beaucoup, je regardais les matchs. Il y a ensuite la notion de plaisir qu’il ne faut pas négliger. Pour durer, il faut pouvoir prendre plaisir à jouer, à côtoyer ses coéquipières tous les jours, à partager des moments enrichissants avec elles. Il faut aussi avoir la hargne de la gagne. Faut être des gagnants. Il faut avoir envie que de gagner. Faut vraiment avoir la rage de vaincre.
BR : Il est peut-être encore tôt pour vous poser cette question. Avez-vous songé à votre reconversion après carrière. Avez-vous une idée de ce que vous voulez faire : rester dans le basket, dans le sport ou changer d’univers ?
SG : L’un n’empêche pas l’autre. Je me vois dans le sport mais pas forcément pour en faire mon métier.
BR : Coacher un club de basket ça vous tenterait ?
SG : C’est tôt. Mais au moment présent, je ne me vois pas coach.
Ses conseils aux jeunes qui veulent jouer au basket chez les pros : « Il faut déjà savoir ce que l’on veut. Si on veut être une joueuse professionnelle, il faut identifier cette idée, cette envie. Une fois qu’on l’a identifié, il faut s’en donner les moyens. C’est donc travailler dur, s’imprégner plus du basket. Me concernant, je m’entraînais beaucoup, je regardais les matchs. Il y a ensuite la notion de plaisir qu’il ne faut pas négliger. Pour durer, il faut pouvoir prendre plaisir à jouer, à côtoyer ses coéquipières tous les jours, à partager des moments enrichissants avec elles. Il faut aussi avoir la hargne de la gagne. Faut être des gagnants. Il faut avoir envie que de gagner. Faut vraiment avoir la rage de vaincre ».
BR : Abordons désormais la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA ? J’imagine que ça vous a interpellé au moment où vous avez découvert le basket.
SG : De manière générale les Chicago Bulls avec Michael Jordan et Scottie Pippen m’ont entraîné à être une fervente supportrice. Lisa Leslie a été vraiment mon modèle. Je parle plus de WNBA que de NBA.
BR : Etes-vous une grande fan de NBA ?
SG : Aujourd’hui, oui je suis la NBA. Mais je peux pas dire que ça ait impacté mon choix d’être basketteuse professionnelle.
BR : Avez-vous une ou des équipes et joueurs du passé ou actuelles que vous aimez bien ?
SG : J’affectionne beaucoup l’équipe des San Antonio Spurs. J’aime beaucoup aussi le jeu de Lebron James qu’il soit, à Miami ou Cleveland. Je m’intéresse à tous les joueurs français évoluant en NBA.
BR : Y a t-il un match marquant et historique de NBA qui vous vient à l’esprit : play-offs, performance d’un joueur, un All Star Game par rapport à cette période ?
SG : Il y a les exploits de Lebron James aux derniers playoffs. C’était vraiment beau. Il y a eu beaucoup de joueurs blessés au cours de la saison dernière et des playoffs (Kevin Love, Kyrie Irving). Malgré les absents, il a réussi à tirer son équipe vers le haut. J’ai vraiment apprécié son leadership.
BR : Un match plus ancien ?
SG : Non. Mais je prends beaucoup exemple sur les joueurs intérieurs de la NBA que je regarde. J’aime beaucoup le jeu dos au panier d’Hakeem Olajuwon, la force physique de Dwight Howard, j’adore l’agressivité et l’énergie que déploie Joakim Noah. Lorsqu’il joue, il se donne à fond. C’est le meilleur rebondeur, meilleur défenseur à mes yeux. C’est un très bon joueur de basket. Je prends aussi en exemple Tim Duncan pour son calme. On sent qu’il maîtrise les mouvements. Il a une très bonne lecture de jeu. Pau Gasol est un joueur que j’aime beaucoup voir car il a aussi un très très bon jeu dos et face au panier.
BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ? C’est pas forcément un cinq classique.
SG : Whaou. J’aime beaucoup la Dream Team 92. C’est difficile car aux Etats-Unis, il y a tellement de joueurs. C’est compliqué comme question. (Elle réfléchit). Il y a plein de noms qui me viennent à l’esprit.
BR : Dans ce cas-là, vous pouvez faire une équipe de 12.
SG : J’ai toujours aimé le jeu de Dérek Fisher. C’est un meneur qui sait très bien jouer pour son équipe. J’aime beaucoup à l’inverse, Russell Westbrook pour ses qualités offensives. Sinon, Michael Jordan, Scottie Pippen, Magic, Hakeem Olajuwon, Shaquille O’Neal, Tony Parker, Lebron James, Dwayne Wade, Kobe Bryant, Kevin Durant. Je pourrais dire Steve Nash aussi.
« Je prends beaucoup exemple sur les joueurs intérieurs de la NBA que je regarde. J’aime beaucoup le jeu dos au panier d’Hakeem Olajuwon, la force physique de Dwight Howard, j’adore l’agressivité et l’énergie que déploye Joakim Noah. Lorsqu’il joue, il se donne à fond. C’est le meilleur rebondeur, meilleur défenseur à mes yeux. C’est un très bon joueur de basket. Je prends aussi en exemple Tim Duncan pour son calme. On sent qu’il maîtrise les mouvements. Il a une très bonne lecture de jeu. Pau Gasol est un joueur que j’aime beaucoup voir car il a aussi un très très bon jeu dos et face au panier ».
BR : Possédez-vous des produits dérivés NBA, du basket européen : maillots, casquettes, goodies… ? Avez-vous gardé tous vos maillots que vous avez portés en carrière ?
SG : Oui j’ai gardé tous mes maillots que j’ai portés en carrière. Je collectionne les accréditations (rires). J’ai aussi logiquement toutes mes médailles.
BR : Authentic Care est un site de vente aux enchères caritatives dédié aux associations. Il entend mettre en relation les entreprises/parrains/célébrités en mesure de fournir des objets vendus aux profits des associations de leurs choix. Comment vous-êtes-vous retrouve impliquer dans ce projet ?
SG : Authentic Care est un réseau social qui est dédié à l’écosystème associatif. En tant qu’athlète, je trouve valeureux, de pouvoir faire don d’un maillot, à une association défendant une cause caritative. C’est pour cela que je me suis engagé afin que d’un simple geste, on contribue à l’épanouissement des uns ou à la survie des autres. Si comme moi, vous désirez apporter votre soutien à des projets solidaires ou encore faire connaitre votre association dans une communauté solidaire engagée, connectez-vous et inscrivez-vous sur www.authentic-care.com !
BR : C’est un site que vous avez découvert par vous-meme ?
SG : Non. Je connais bien entendu le propriétaire et ça va faire bientôt un an que je suis membre.
BR : J’en viens à ma dernière question. Je vous laisse le mot de la fin.
SG : J’ai envie de dire Namaste.
BR : Namaste, pour quelles raisons ?
SG : Je suis dans une phase de ma vie où j’apprends vraiment la sagesse. Namaste signifie salutation. C’est saluer le divin qui est en chacun de nous.
Basket Rétro remercie Sandrine Gruda pour sa disponibilité le 1er octobre dernier. Entretien réalisé via Skype.
SON PALMARÈS
Avec Valenciennes :
- Championne de France 2007
- Coupe de France: 2007
Avec Ekaterinbourg :
- Championne de Russie Superligue russe 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014.
- Vainqueur de la Coupe de Russie 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014.
- Vainqueur de l’Euroligue 2013
Avec l’Equipe de France :
- Médaillée d’argent à l’Euro 2015 en Hongrie et Roumanie
- Médaillée d’argent à l’Euro 2013 en France
- Médaillée d’argent avec l’Equipe de France aux JO de Londres en 2012
- Médaillée de bronze à l’Euro 2011
- Championne d’Europe 2009 à Riga en Lettonie
Récompenses individuelles :
- Désignée meilleure joueuse européenne de l’année 2009 (2009 Women’s Player Of The Year) par la FIBA Europe
- Désignée MVP espoir Euroleague 2006
- Meilleure intérieur du Championnat d’Europe 2009
- Meilleure intérieur du championnat d’Europe junior 2004
- Meilleure intérieur du championnat d’Europe junior 2005
- MVP du Mondial Espoir (-21 ans) 2007
- Meilleure joueuse (MVP) de la Ligue Féminine de Basket 2006 et 2007
- Meilleure joueuse espoir de Ligue Féminine de Basket 2006 et 2007
HIGHLIGHTS DE SANDRINE GRUDA EN EQUIPE DE FRANCE
Propos recueillis par Richard Sengmany
Montage Une : Laurent Rullier




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